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Bi Gan 毕赣

Présentation

par Brigitte Duzan, 14 août 2015

 

Bi Gan est un jeune réalisateur chinois indépendant dont le troisième film, et second long métrage, « Kaili Blues » (路边野餐), est sorti en août 2015, en première mondiale, au festival de Locarno, dans la section Cineasti del presente. C’est une reconnaissance bien méritée pour un jeune cinéaste qui s’est peu à peu bâti un univers mouvant, aux confins de la poésie et du cinéma.

 

Il est né en juin 1989 dans la ville de Kaili, dans la province méridionale du Guizhou (贵州凯里) ; l’un des rares détails supplémentaires que mentionnent ses biographies chinoises est qu’il est d’ethnie miao, ce qui n’aurait pas d’importance en soi si l’on n’en retrouvait quelques traces dans ses films, dans la musique surtout.

 

Bi Gan est d’abord poète, et son œuvre est construite à partir

 

Bi Gan

de personnages et d’éléments structurels utilisés comme des pièces de lego, qui finissent par constituer des leitmotivs en constante mutation. On a ainsi une œuvre qui se déroule comme une symphonie, avec des thèmes énoncés en ouverture et développés ensuite avec des variations. Un semblant d’unité est donné par le cadre : la ville de Kaili. 

 

1. En 2011, son premier film, « Tiger » (《老虎》), est un long métrage de 70 minutes qui se passe, donc, à Kaili. Le personnage central est un mauvais poète du nom de Chen Kai (陈开). Il a fait un jour un casse avec son ami Lao Wai (老歪) - wai signifiant tordu, malhonnête ; mais il est le seul à avoir

 

Tiger

 

écopé d’une peine de prison. Lao Wai a par ailleurs un petit frère qui « voit loin » (看花眼). Le film dépeint la rencontre entre Chen Kai, le petit frère de Lao Wai et une nouvelle apprentie arrivée dans le salon de coiffure local, comme un coup du sort. L’histoire est présentée comme une « fugue » (赋格), impliquant thème et variations.

 

2. Le deuxième film de Bi Gan, « The Poet and Singer» (《金刚经》), est un court métrage en noir et blanc de 22 minutes, en dialecte de Guizhou, où l’on voit apparaître un thème fondamental repris dans le film suivant : thème bouddhiste de la vacuité et de l’illusion, donné par le titre chinois qui signifie Sutra du diamant. Chen Kai est devenu Chen Sheng (陈升) – avec une infime variation sur le second

caractère : c’est le même personnage, interprété par le même acteur, devenu l’acteur fétiche de Bi Gan : Chen Yongzhong (陈永忠). On retrouve aussi Lao Wai…

 

Chen Sheng et Lao Wai se retrouvent au bord d’une rivière, près d’un poteau en bois, où ils se sont donné rendez-vous pour attendre le « moine Hua » (“花和尚”) –variation du nom du petit frère du film précédent. Sur le

 

 

The Poet and Singer (Le sutra du diamant)

poteau est gravé le Sutra du diamant. Chen Sheng attend surtout le vent, qui doit apporter le salut en faisant disparaître les fautes…

 

Ces deux films ont été projetés lors des 8ème et 9ème éditions du festival du cinéma indépendant de Pékin, en 2011 et 2012 respectivement, et le second est passé au festival Shadows, à Paris, en novembre 2012. En outre, « The Poet and Singer» a figuré parmi les films sélectionnés par l’Ifva (Incubator for film &visual media in Asia), pour la 19ème édition de son festival, à Hong Kong, en mars 2014 ; le film y a obtenu une Mention spéciale [1].

 

3. On retrouve Chen Sheng – et Chen Yongzhong – en 2015 dans « Kaili Blues» (《路边野餐》), long métrage quireprend les personnages précédents, avec à nouveau des variations, comme si chacun avait une histoire cachée que l’on découvrait peu à peu, mais sans être sûr que la nouvelle version soit

 

Kaili Blues

 

authentique, ou le soit plus que la précédente. Ce qui recoupe le thème de l’illusion du Sutra du diamant, qui est cité d’entrée, au début du film.

 

L’ami du beau-frère de Chen Sheng auquel il envoie son fils porte le même nom que le « moine » du film précédent (“花和尚”) ; c’est un ancien mafieux avec lequel Chen Sheng a fait un casse qui a mal tourné, ce qui lui a valu neuf ans de prison : on retrouve l’histoire du Lao Wai de « Tiger ». De ce premier film, on retrouve aussi le personnage de l’apprentie coiffeuse, sous les traits de la coiffeuse rencontrée par Chen Sheng au cours de son périple, et qui lui rappelle son épouse décédée…

 

C’est bien un univers que s’est créé Bi Gan, univers poétique et mystérieux, où l’on aperçoit de ci de là des visages connus, ou qui le semblent, ou qui en rappellent d’autres que l’on a connus. Il faudrait projeter ces trois films à la suite.

 

 

Filmographie

 

2011 Tiger 《老虎》

2012 The Poet and Singer 《金刚经》

2015 Kaili Blues 《路边野餐》

 

 


 

[1] Tandis que « La lampe au beurre de yak » de Hu Wei obtenait le premier prix. Les dix courts métrages en compétition ont été montés en un film de 220’ : www.ifva.com/?p=5356&lang=en

 

 

 

 

 

 

 

 
 
     
     
     
     
     
     
     
     

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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