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Metteurs en scène

 
 
 
     
 

Fan Jian 范俭

Présentation

par Brigitte Duzan, 05 octobre 2015, actualisé 17 janvier 2018

 

Né en 1977, Fan Jian est un documentariste chinois qui s’intéresse particulièrement, depuis 2006, au sort des travailleurs migrants à Pékin, selon des thématiques originales.

 

Il a commencé à réaliser des documentaires pour la télévision en 2003. Il a signé un premier très court métrage de cinq minutes sur le SARS, puis, en 2004, un long métrage intitulé « Candidats » (《竞选》) sur les élections qui ont eu lieu cette année-là pour le renouvellement des postes de représentants du peuple à l’Assemblée nationale populaire. Pour la première fois, à Pékin, 23 candidats indépendants se sont présentés aux élections - fait sans précédent que les médias ont appelé « le phénomène pékinois » (北京现象).

 

Après avoir travaillé plusieurs années à la télévision centrale

 

Fan Jian

(CCTV), il a ensuite complété sa formation à l’Institut du cinéma de Pékin (section réalisation), et en est sorti en 2006. Il est devenu documentariste indépendant en 2007.

   

Premier documentaire sur des travailleurs migrants

 

Taxi

 

Le premier film réalisé à la fin de ses études, en 2006, est un documentaire sur quatre travailleurs migrants, sélectionné par le festival d’Amsterdam : « Dancing in the City » (《在城市里跳跃》). Les quatre jeunes choisis sont représentatifs des divers espoirs de succès suscités par la ville : l’un est dessinateur graphique ; une autre une jeune sans éducation, mais avec des ambitions littéraires, qui vit de petits boulots sans lendemains ; le troisième est membre d’un réseau pyramidal qui commercialise des compléments alimentaires de qualité douteuse et espère faire ainsi rapidement fortune ; et le quatrième milite pour les droits des paysans à Pékin.

 

Tous quatre semblent avoir perdu leur identité, sans avoir réussi à en trouver une autre : ils ne peuvent plus revenir en arrière, au village, mais leur avenir semble bouché. Ce documentaire au ton d’un réalisme amer fait figure de précurseur et de modèle des documentaires suivants de Fan Jian, dont la plupart ont pour thème la vie et les aspirations

des travailleurs migrants dans la Chine moderne.

 

Aspirations et frustrations

 

En 2008, « Taxi » (《的哥》) figure parmi les dix meilleurs documentaires présentés au Festival du cinéma indépendant chinois ; c’est une évocation des aspirations de toutes sortes de clients le temps d’une course à Pékin, par un jeune chauffeur de taxi d’une trentaine d’années, marié depuis sept ans, mais frustré et sans amour, dont les rêves répondent à ceux des gens qu’il transporte.

 

The Next Life

   

 

En 2009-2010, il réalise un court et un moyen métrage, puis, en 2011, le moyen métrage qui le fait connaître : « The Next Life » (《活着》) : le film suit un couple qui a perdu sa fille unique dans le tremblement de terre du Sichuan, en 2008, et leurs efforts désespérés, comme beaucoup d’autres, pour tenter d’avoir une autre petite fille et pouvoir enfin faire le deuil de la première. Le film a été présenté au festival international du documentaire d’Amsterdam et a décroché le prix du Jury au festival international du documentaire de Canton en 2011.

 

Interview de Fan Jian sur la genèse et la réalisation du film

 

The Next Life, trailer

  

Trilogie sur les travailleurs migrants

 

En 2012, le projet du documentaire « Running in the City » (《在城市里奔跑》) est sélectionné par le programme Talent Campus de la Berlinale, et soutenu par les fonds d’aide des festivals de Busan et de Sundance. C’est un documentaire sur des expulsions de travailleurs migrants aux confins de Pékin, chassés de leurs habitations précaires en raison même de l’urbanisation qu’ils contribuent à édifier par leur travail, sans avoir de statut légal de résident.

 

Running in the City

 

Running in the City, trailer

 

Manufacturing Romance

 

En 2015, deux autres documentaires viennent compléter le précédent, sur le même sujet. « Manufacturing Romance » (《寻爱》) conte des histoires d’amour et de mariages de la nouvelle génération de travailleurs migrants. Il a été sélectionné en compétition internationale par le festival de Hong Kong et le festival Visions du Réel de Nyon, en Suisse.

 

Manufacturing Romance, trailer

 

Sélectionné par le festival de Busan, dans la section Wide Angle, « My Land » (《吾土》)est une autre variante du thème des travailleurs migrants dans la filmographie de Fan Jian. Le personnage central a quitté la campagne depuis déjà quinze ans, et s’est installé sur un terrain en bordure de la capitale où il vit tranquille avec sa famille en cultivant des légumes qu’il vend en ville. Mais l’urbanisation le rattrape peu à peu, et sa petite ferme finit par être menacée, le propriétaire du terrain sur lequel il se trouve cherchant à le déloger pour glaner les

 

My Land

profits de la promotion immobilière. Il résiste tandis que les voisins cèdent peu à peu… et se retrouve

entouré de barres d’immeubles.

 

Le documentaire montre le drame de ces migrants au statut instable, mais aussi celui de la disparition des terres arables, condamnées par l’extension tentaculaire des villes chinoises.

 

Handicap et poésie

 

En 2016, Fan Jian délaisse le sujet des travailleurs migrants pour peindre, dans « Still Tomorrow » (ou "un monde tremblant"《摇摇晃晃的人间》), la vie d’une jeune femme de quarante ans atteinte d’infirmité motrice cérébrale. Infirme et poète, Yu Xiuhua (余秀华) devient soudain célèbre quand un de ses poèmes est partagé plus d’un million de fois sur les réseaux sociaux chinois. Paysanne, elle a été mariée vingt ans auparavant à un paysan qui n’a aucun sentiment pour elle. Sa poésie lui permet d’exprimer ses sentiments, ses désirs, ses aspirations.

   

Still Tomorrow

 

Yu Xiuhua

 

Sa soudaine célébrité est une bouffée d’air pour elle, car c’est elle lui permet d’envisager une vie indépendante, loin de son mari, grâce à une possible autonomie financière. Elle est consciente que son handicap ne lui rendra pas la vie facile, mais elle lutte pour échapper à ses tourments physiques et tenter de satisfaire ses désirs. A peu près la moitié de ses poèmes sont des poèmes d’amour, et certains sont assez crus, sans retenue ni tabous.

 

Le film dépeint son parcours pendant une année, vers plus de liberté. Fan Jian cherchait à faire un film sur des poètes amateurs dont la vie était totalement différente de leur environnement et qui arrivaient à préserver leur vie intérieure. C’est alors que Youku a entendu parler de Yu Xiuhua et lui a commandé un documentaire sur elle.

  

Après « My Land » qui s’intéressait déjà aux émotions et aux problèmes relationnels d’un couple de travailleurs migrants, « Still Tomorrow » représente un changement de perspective dans l’œuvre de Fan Jian, plus tourné désormais vers la peinture psychologique que vers celle des grands problèmes sociaux du moment, ce qui correspond aussi mieux aux goûts du

 

De très belles photos

public chinois. Le film a gagné en novembre 2016 le prix spécial du jury dans la catégorie des longs métrages documentaires au festival international du film documentaire d’Amsterdam. Mais il a aussi obtenu le visa de censure et pu sortir en Chine.

 

Still Tomorrow, trailer

 


 

Filmographie

 

2003 Moyen métrage “Reflection on SARS” 《反思非典》 43’

2004 Candidates 《竞选》

2006 Dancing in the City 《在城市里跳跃》

2008 Taxi 《的哥》

2010 Court métrage “My Ideal” 《我的理想》  5’

2010 Moyen métrage “Fault Zone” 《断裂带》 57’

2011 Moyen métrage The Next Life 《活着》 54’

2012 Running in the City 《在城市里奔跑》

2015 Manufacturing Romance 《寻爱》

2015 My Land 《吾土》

2016 Still Tomorrow 《摇摇晃晃的人间》

 

 

     

 

 

 
 
     
     
     
     
     
     
     
     

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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