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Acteurs/Metteurs en scène

 
 
 
     
 

Jiang Wen 姜文

Présentation

par Brigitte Duzan, 26 février 2013, actualisé 13 mai 2015

 

Jiang Wen s’est d’abord fait connaître comme acteur avant de passer à la mise en scène, en 1994. Depuis le succès sans précédent de « Let the Bullets Fly », il est devenu un réalisateur fétiche tant du public que des producteurs.

 

Acteur d’abord

 

Né le 5 janvier 1963 à Tangshan (Hebei), Jiang Wen (姜文) arrive à l’âge de six ans à Pékin où il a grandi, en pleine Révolution culturelle. Ce sera la toile de fond de son premier film, « In the Heat of the Sun » ou, en français, « Des jours éblouissants » (《阳光灿烂的日子》).

 

En 1980, à l’âge de 17 ans, il entre à l'Académie centrale d'Art dramatique de Pékin ; quand il en sort, en 1984, il commence une carrière d’acteur dans la troupe du Théâtre de la Jeunesse. Il est alors remarqué par le réalisateur Xie Jin (谢晋)

 

Jiang Wen

qui lui confie l’un des deux rôles principaux de son film « Le village Hibiscus » (《芙蓉镇》), sorti en 1986.

 

Sur le tournage du Sorgho rouge, avec

Zhang Yimou, Mo Yan et Gong Li

 

L’année suivante, il rencontre le réalisateur Jacques Dorfmann et joue dans « Le Palanquin des Larmes ». Cette même année 1987, il interprète aux côtés de Gong Li (巩俐) l’un des deux rôles principaux dans « Le Sorgho rouge » (《红高粱》) de Zhang Yimou, adapté d’un roman de Mo Yan (1). Le rôle lui vaut un début de notoriété.

 

Mais c’est en 1993 que sa carrière d’acteur prend un nouveau tournant, avec son interprétation du rôle de l’immigrant Wang Qiming (王起明) dans la série télévisée

« Un Pékinois à New York » (《北京人在纽约》), d’après un bestseller publié en 1991. Formidable succès en Chine, le rôle fait de Jiang Wen l’un des acteurs chinois les plus populaires auprès du grand public.

 

Puis scénariste et réalisateur

 

Premier succès

 

En 1994,  il passe à la réalisation et tourne son premier film, « Des jours éblouissants / In the heat of the sun » (阳光灿烂的日子) dont le scénario s'inspire partiellement d'un roman de Wang Shuo (王朔). Grand succès en Chine, le film présente une vision poétique inhabituelle de la Révolution culturelle : alors que les écoles ferment et que les parents sont emportés dans le tourbillon politique, les enfants, livrés à eux-mêmes, vivent cette période tourmentée comme des grandes vacances.

 

Son jeune acteur et alter ego Xia Yu (夏雨) remporte le prix du meilleur acteur à la Biennale de Venise ; le film décrochera par ailleurs six Golden Horse Awards à Taiwan. C’est un succès inattendu que les critiques ont qualifié de « victoire dès le déploiement du drapeau » (旗开得胜 qíkāidéshèng), c’est-à-dire sans même livrer combat.

 

In the Heat of the Sun

 

Interdiction

 

Les Démons à ma porte

 

Jiang Wen réalise ensuite « Les Démons à ma Porte » (鬼子来了). Ce drame, situé pendant la guerre sino-japonaise, au début des années 1940, raconte l'histoire d'un soldat japonais blessé et de son interprète retenus prisonniers par des villageois chinois au cours du dernier hiver de la Seconde Guerre mondiale ; ils les traitent correctement pendant un temps, puis décident de les échanger contre des céréales auprès des autorités japonaises.

 

Tourné dans un superbe noir et blanc, le film remporta un grand succès à l'étranger : il obtint le Grand Prix du Jury au festival de Cannes en 2000. Mais il déclencha la colère des autorités chinoises et nippones. En Chine en particulier, il fut considéré comme une satire noire et corrosive de la société chinoise et valut au réalisateur une interdiction de tourner en Chine pendant six ans.

 

La position officielle fut très nette : "Ce film …a été montré dans un festival à l'étranger [Cannes] sans approbation préalable, ce qui est une violation flagrante de la réglementation." Mais les raisons véritables des censeurs n’étaient pas là : "On entend à plusieurs reprises de la musique militaire japonaise pendant le film. Cela symbolise la puissance de l'armée japonaise et constitue un grave affront au peuple chinois."  Plus généralement, l’avis officiel du comité de censure reprochait au film de montrer trop de Chinois se comportant de

 

Jiang Wen avec Anthony Wong dans Le Soleil se lève aussi

façon amicale avec les Japonais "Cela crée l'impression que les civils chinois ne détestaient pas les envahisseurs japonais et qu'ils n'ont pas résisté."

 

Bref, il fut demandé à Jiang Wen de réviser certaines scènes de son film. Il n’accepta pas et le film est resté dans les tiroirs, ne sortant en Chine qu’en version piratée. « Je voulais montrer, a-t-il dit, comment les gens réagissent devant un danger extrême, comment Chinois et Japonais ont réagi et comment les gens peuvent perdre toute humanité au milieu d'une guerre. » Le film est toujours interdit, alors qu’il a été projeté en salles au Japon !

 

Incompréhension

 

En 2006, sa période d’interdiction terminée, Jiang Wen revient au cinéma avec un film superbe, mais malheureusement trop complexe pour être apprécié du grand public ; nombre de critiques, même, ont tordu la bouche : « Le Soleil se lève aussi » ( 《太阳照常升起) s’est soldé par un échec commercial.

 

Let the Bullets Fly

 

Programmé à Paris dans le cadre du festival du cinéma en France, il n’a pas non plus bénéficié d’une présentation qui lui rende justice. Les fans se sont précipités voir l’acteur et ont oublié le film. Il reste à découvrir. L’immense succès du film suivant l’a en outre relégué dans l’ombre.

 

Let the Bullets Fly : Immense succès commercial

 

A la une de Bazaar pour la sortie de

« Let the Bullets Fly »

 

Jiang Wen a en effet mis ensuite tous les atouts de son côté pour le film sorti en décembre 2010 en Chine continentale : « Let the Bullets Fly » (《让子弹飞》), combinaison de comédie satirique et de film historique, interprété par Jiang Wen lui-même, Chow Yun-fat, Ge You, et Carina Lau dans les rôles principaux, outre une pléiade d’acteurs célèbres et populaires dans les rôles secondaires.

 

La ligne narrative du scénario, adapté d’un roman de l’écrivain sichuanais Ma Shitu (马识途), est d’une complexité défiant la synthèse ; ce qui en fait l’intérêt, c’est, d’une part, la construction de l’intrigue, fondée sur le caractère des principaux personnages, et non sur l’action en soi, et, d’autre part, la qualité du texte et des dialogues, qui abondent en phrases à double sens et jeux de mots.

 

L’histoire se passe en 1919 dans l’ouest du Sichuan. Le train

conduisant à son nouveau poste le gouverneur Ma Bangde (马邦德), interprété par Ge You (葛优), Tang, un escroc professionnel qui lui sert de conseiller, joué par Feng Xiaogang, et l’épouse de ce dernier (interprétée par Carina Lau), est attaqué par le bandit local Zhang Muzhi (张牧之), surnommé Zhang le vérolé (张麻子) - Jiang Wen lui-même.

 

Tang est tué avec les gardes du corps. Pour éviter d’être trucidé à son tour, Ma Bangde se fait passer pour Tang et propose à Zhang Muzhi de se faire passer pour Ma Bangde ; il l’aidera à mettre la main sur les richesses de la ville. Mais, quand ils arrivent à destination, il découvre que la petite ville est sous la coupe du trafiquant d’opium Huang Silang (黄四郎), un névrosé paranoïaque interprété par Chow Yun-fat … Commence un jeu hilarant, mais dangereux, de chat et de souris où le chat se fait passer pour la souris et vice versa…

 

Suscitant rumeurs et commentaires sur les sens cachés attribuables à certains des dialogues et réparties, « Let the Bullets Fly » est devenu un véritable film culte. Accumulant les records au box office et les prix dans les grands festivals de cinéma en Chine, à Hong Kong et à Taiwan, c’est le plus gros succès commercial de l’histoire du cinéma chinois.

 

Surfant sur la vague, Jiang Wen a réalisé aussitôt après un autre film reprenant des ingrédients similaires et un titre rappelant le premier. Mais l’accueil n’a pas été le même.

 

Gone with the Bullets : le reflux de la vague

 

Sorti le 18 décembre 2014 sur les écrans chinois, « Gone with the Bullets » (一步之遥)  a été parmi les films en compétition internationale au 65ème Festival de Berlin en février 2015. Jiang Wen reprend le rôle principal avec Ge You à ses côtés, et le film se veut aussi déjanté que le précédent.

 

Le scénario est inspiré d’un fait divers authentique qui a fait scandale en son temps et suscité une vague d’articles, de romans, de pièces de théâtre et même un film, en 1921: le premier docu-fiction de l’histoire du cinéma chinois, « Yan Ruisheng » (《阎瑞生》), réalisé par Ren Pengnian (任彭年). Il s’agit de l’histoire du meurtre d’une prostituée par un jeune dandy, employé de banque, dans la Shanghai du début des années 1920.

 

Jiang Wen interprète le jeune dandy Ma Zouri (马走日) qui, avec son ami policier interprété par Ge You, conçoit un plan

 

Gone with the Bullets

pour extorquer de l’argent au fils d’un chef de guerre local. Mais, quand il se réveille à côté du cadavre d’une prostituée (interprétée par Shu Qi), il prend la fuite, avec le policier sur les talons…

 

Le scénario a été aussi travaillé que « Let the Bullets Fly » ; Jiang Wen s’est associé huit coscénaristes, dont l’écrivain Wang Shuo (王朔). Mais le film a rencontré quelques problèmes avec la censure qui semblent en avoir quelque peu brouillé le sens. En tout cas, il a eu des critiques mitigées, et son succès commercial n’a pas été celui de « Let the Bullets Fly ». Bien que Jiang Wen se soit déclaré surpris par toutes les allusions cachées qu’on a pu lire dans son film, il semblerait que les autorités chinoises n’aient pas apprécié le buzz qu’il a suscité et que le réalisateur ne bénéficie plus du soutien officiel dont il a pu se prévaloir ces dernières années.

 

Il a annoncé en avril 2015 qu’il préparait un wuxia pian pour marquer ses vingt ans de carrière de metteur en scène…

 

The Hidden Warrior

 

20 ans de carrière et annonce de “The Hidden Warrior”

 

« The Hidden Warrior » (《侠隐) est adapté d’un roman de wuxia de Zhang Beihai (张北海) initialement publié en 2000. L’histoire se passe en 1936 à Pékin où un jeune spécialiste d’arts martiaux tente d’élucider un meurtre.

 

Le scénario a été confié à He Jiping (何冀平), le coscénariste de « The Warlords » (《投名状》) et de « Flying Swords of Dragon Gate » (《龙门飞甲》).

 

Jiang Wen dit avoir eu l’idée de ce film dès 1995, il y a vingt ans, après avoir achevé « In the Heat of the Sun ».

 

 

Note

(1) Sur « Le sorgho rouge », voir

www.chinese-shortstories.com/Adaptations%20cinematographiques_ZhangYimou_Le_sorgho_rouge.htm

 


 

Filmographie

 

Comme acteur – principaux rôles au cinéma

 

1986 The Last Empress 《末代皇后》    Rôle de Puyi (溥仪)

1986 Le village Hibiscus 《芙蓉镇》    Rôle du droitiste Qin Shutian (秦书田)

1987 Le Palanquin des larmes 《花轿泪》

1987 Le Sorgho rouge 《红高粱》   Rôle de « mon grand père » ("我爷爷")

1988 Chuntao (《春桃》)     Rôle de Liu Xianggao (刘向高)

1990 Black Snow 《本命年      Rôle principal de Li Huiquan (李慧泉)

1991 L'Eunuque impérial 《大太监李莲英 Rôle principal de l’eunuque Li Lianying (李莲英)

1995 The Emperor's Shadow 《秦颂》 Rôle principal du Premier empereur (秦始皇)

1997 Keep Cool  《有话好好说》      Rôle de Zhao Xiaoshuai (赵小帅)

1997 The Soong Sisters 《宋家皇朝》 Rôle du père, Charles Soong (宋查理)

2000 Les Démons à ma porte 《鬼子来了》Rôle de Ma Dasan (马大三)

2002 The Missing Gun 《寻枪》     Rôle de Ma Shan (马山)

2003 Green Tea 《绿茶》             Rôle principal de Chen Mingliang (陈明亮)

2003 Mon père et moi我和爸爸  Première collaboration avec Xu Jinglei (徐静蕾)

2003 Les Guerriers de l'empire céleste《天地英雄》Rôle de Li Xiaowei (李校尉)

2004 Jasmine Women 《茉莉花开》   Rôle de monsieur Meng (孟先生)

2004 Lettre d’une inconnue《一个陌生女人的来信》Rôle de l’écrivain

2006 Le Soleil se lève aussi《太阳照常升起  Rôle de Tang Yulin (唐雨林)

2010 Let the Bullets Fly 《让子弹飞》   Rôle du bandit Zhang Mazi (张麻子)

2011 The Lost Bladesman《关云长》 Rôle de Cao Cao (曹操)

 

Comme réalisateur et scénariste

 

1994 In the Heat of the Sun 《阳光灿烂的日子》

2000 Les Démons à ma porte《鬼子来了》

2006 Le Soleil se lève aussi 《太阳照常升起

2010 Let the Bullets Fly 《让子弹飞》

2014 Gone with the Bullets 《一步之遥》

2016 The Hidden Warrior《侠隐》

 

 

 

 

 

 

 

 
     
     
     
     
     
     
     
     

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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