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Wen Muye 文牧野

Présentation

par Brigitte Duzan, 19 juillet 2014 

 

Dans la section Pardi di Domanide la 67ème édition du festival de Locarno (6-16 août 2014) figure le court métrage « Requiem » (An Hun Qu安灵曲), du jeune réalisateur Wen Muye (文牧野).

 

C’est le quatrième qu’il réalise, mais Wen Muye est encore très peu connu hors des cercles de l’Institut du cinéma de Pékin où il est étudiant-chercheur. Ses trois premiers courts métrages permettent de noter l’étendue et la diversité de son talent, qui va de l’écriture scénaristique à la construction

 

Wen Muye

d’ensemble et à la conception stylistique de ses films, y compris l’aspect musical.

 

2009 « Stone » (Shitou《石头》)

 

Stone

 

Stone/Shitou est le nom d’un chien, le genre d’animal dont on dit qu’il ne lui manque que la parole. C’est le compagnon d’un jeune garçon qui vit dans un quartier ancien de Pékin en voie de démolition : chien et maître sont chassés par les pelleteuses, et déménagent dans un appartement que l’on devine dans la périphérie de la capitale. Peu de temps plus tard, le chien tombe malade, le jeune garçon tente de le faire soigner, mais ne réussit qu’à y perdre son emploi à force d’arriver en retard….

 

Le dénouement inattendu, bien que prévisible, fait de ce court métrage de 13 minutes un premier film structuré en boucle, superbement bien interprété et mis en scène dans un registre minimal, y compris – et peut-être surtout - par le chien. L’introduction musicale fait tout de suite attendre quelque chose d’original.

 

Stone《石头》http://v.youku.com/v_show/id_XMjA2ODQ1ODUy.html

 

2010 « Jinlan et Guiqin » (Jinlan Guiqin 《金兰芹》)

 

Ce second court métrage a en commun avec le premier la sobriété de la mise en scène et du jeu des deux actrices, ainsi que l’astuce d’une construction cyclique qui permet de retrouver à la fin la situation de départ, mais, comme dans tout cycle naturel, avec une légère mutation, comportant sa part de signification. Le ton est différent : ironique et doucement satirique.

 

Jinlan et Guiqin sont deux vieilles dames également solitaires, dont l’une a un début de maladie d’Alzheimer, mais a surtout un caractère difficile ; elles s’entraident, se disputent et se supportent, vaille que vaille… Tout le monde en connaît, ainsi, dans son proche entourage ; on peut d’autant plus apprécier la justesse de ton et d’interprétation.

 

Jinlan et Guiqin http://www.tudou.com/programs/view/qCp0Q_WfDnA/

 

2012 « Battle »

 

C’est avec « Battle », en 2012, que Wen Muye sort un peu de l’ombre, car le film est projeté dans plusieurs festivals en Chine, et a été primé dans deux d’entre eux. Il a été produit par Tian Zhuangzhuang (田壮壮).

 

Battle est le tatouage que s’est fait graver sur le dos – et en anglais - un jeune Uyghur nommé Adil qui est serveur dans un restaurant uyghurà Pékin. Mais, quand son père, musulman très conservateur, arrive dans la capitale, le fils a le malheur de dévoiler son dos, sans le faire exprès. Consternation : le tatouage est un tabou absolu, car il dévalue la création d’Allah. C’est l’enfer promis au tatoué, mais aussi à sa famille…

 

Le court métrage est une satire sociale plus affûtée que « Stone », une réflexion sur la place de la religion dans la société (chinoise) moderne, sur le respect problématique des traditions et les devoirs dus aux ancêtres, le père d’abord.

 

Battle

C’est aussi une critique des préjugés han contre les non han, ici les Uyghurs, ce qui est plus original que les Tibétains. Le jeune Uyghur sert de modèle des difficultés de vie pour les non Han à Pékin, pris entre les traditions ancestrales et les contrôles tatillons.

 

Mais la satire reste légère, le style elliptique. Le film se termine par un protestsong sud-américain : on a évité les clichés de musique uyghur.

 

Battle http://www.youtube.com/watch?v=PrnezSVi65A

 

2014  « Requiem » (Anhun Qu《安魂曲》)

 

Requiem

 

« Requiem » est une nouvelle surprise. Le ton, ici, est plutôt noir, et semble correspondre à une tendance de fond du cinéma chinois à l’heure actuelle.

 

Meng Xiaojun transportait sa femme et sa fille en moto quand celle-ci a été percutée par un camion. Sa femme est morte, lui légèrement blessé, mais sa fille a besoin d’être opérée, et l’opération est largement au-dessus de ses moyens. C’est alors que le gardien de la morgue lui propose un moyen de réunir l’argent nécessaire…

 

Wen Muye n’en finit pas de montrer qu’il est capable de changer de thème et de style à volonté, comme explorant les limites de ses possibilités. On est curieux de voir ce que sera son premier long métrage…

 

 

 

 

 

 

 
     
     
     
     
     
     
     
     

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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