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Metteurs en scène

 
 
 
     
 

Zheng Lu Xinyuan 郑陆心源

Présentation

par Brigitte Duzan, 15 février 2020

 

Cinéaste au carrefour de différents médias, à la fois scénariste, réalisatrice, photographe, monteuse, Zheng Lu Xinyuan a remporté le Tiger Award au festival de Rotterdam en janvier 2020 pour son premier long métrage, « The Cloud in Her Room » (《她房间里的云》), produit par Blackfin.

 

Formation et début de carrière

 

Originaire de Hangzhou, elle a dès son plus jeune âge été attirée par l’image. Enfant, avant de savoir lire, et sous l’influence de parents artistes, elle regardait les illustrations dans les livres. Elle a commencé à prendre des photos quand elle a eu son premier smartphone, mais c’est parce que la photographie ne

 

Zheng Lu Xinyuan avec Tsai Ming-liang

la satisfaisait pas, qu’elle voulait aborder l’image en mouvement, qu’elle s’est intéressée au cinéma. 

 

Running in a Sleeping River

 

Elle a commencé à filmer au lycée quand elle a réalisé qu’on pouvait le faire avec un iPhone : elle a réalisé un premier court métrage en 2012. Puis, en 2014, elle est partie aux Etats-Unis et a participé à un projet de la Tisch School de NYU à Paris sur les arts urbains et documentaires. C’était la première fois qu’elle collaborait avec d’autres étudiants sur un même projet. Elle a ensuite multiplié les courts métrages, en réalisant deux par an à partir de 2016.

 

En 2017, elle obtient un master en production cinématographique de l’Ecole d’arts cinématographiques de l’USC (University of Southern California) à Los Angeles. Son court métrage « Niu in the Last Day of Fall » (《在死海里醒来》), tourné dans un style documentaire avec un iPhone, est présenté en juillet au 11ème Festival des premiers films de jeunes cinéastes à Pékin (11FIRST青年电影展), et programmé au Festival du film indépendant de Rome.

 

En 2018, dernier court métrage réalisé à l’USC, « Feverish » (《低烧》) est sélectionné au Festival queer de Shanghai (上海酷儿影展). C’est une autre manière de réfléchir sur les normes imposées aux émotions de chacun. Les interprètes sont un acteur professionnel, deux musiciens et un de ses camarades de promotion.

 

Courts métrages

2012 Dinner

 

Niu in the Last Day of Fall

2014 Women on Islands

2015 We Will Not Die Together

2016 Running in a Sleeping River

2016 5’ Funeral in the Rain

2017 Niu in the Last Day of Fall 《在死海里醒来》 (court métrage documentaire, 24’)

2017 Smokers Die Slowly Together 《然后》12’

2018 Feverish 《低烧》

 

Retour en Chine

 

Puis, en 2018, elle revient en Chine, chez elle, à Hangzhou. Elle tourne alors un court métrage où elle poursuit ses recherches stylistiques, puis un premier long métrage.

 

A White Butterfly on a Bus

 

Défini comme « portrait intime », le court métrage – « A White Butterfly on a Bus » (公车上的白色蝴蝶) - a été conçu dans le cadre d’un programme de formation d’un mois du festival FIRST de Xining – programme visant à développer des modes d’expression créatrice non conventionnelle, à la croisée d’arts visuels différents, incluant aussi la musique. Le programme était sous la direction de Tsai Ming-liang dont Zheng Lu Xinyuan a retenu une leçon : rechercher « le souffle de vie dans l’image » (影像中的生活的气息) [1]

 

« A White Butterfly on a Bus » a été présenté au festival de Xining en 2018, ainsi qu’au festival international du court métrage de Pékin.

 

La ligne narrative évoque la rencontre quelque part en Chine d’une jeune actrice chinoise et du cinéaste belge Matthias Delvaux, et l’évolution de leurs relations sur une période d’une dizaine de jours. Filmé comme une performance, entre fiction et réalité, le court métrage juxtapose des plans statiques, comme des pans de souvenirs émergeant dans la mémoire d’un témoin qui se trouve être la réalisatrice.

 

A White Butterfly on a Bus, 21’

https://www.nowness.com/story/a-white-butterfly-on-a-bus-xinyuan-zheng-lu

 

Premier long métrage

 

The Cloud in Her Room

 

C’est à Hangzhou qu’elle tourne alors son premier long métrage, « The Cloud in Her Room » (她房间里的云), où elle tente d’exprimer les sentiments confus d’une jeune femme revenue comme elle à Hangzhou, à la recherche des traces de son passé. C’est évidemment le reflet de sa propre expérience d’expatriée aux Etats-Unis considérant son pays d’un autre œil, et confrontée au retour à une ville où elle ne reconnaissait rien de ce qui lui était familier.

 

Elle a commencé en filmant la ville, pendant un peu plus d’un mois, à son retour à Hangzhou.  Mais elle n’a pas voulu en faire un film nostalgique ; il est résolument au présent, en interaction avec les acteurs, pour la plupart non professionnels, faisant de chaque rôle une création interactive.

 

C’est aussi un film d’une esthétique particulière, qui mêle interviews partiellement scénarisés, rushes documentaires, images inversées, comme autant d’éléments reflétant différentes facettes de la réalité, le tout en noir et blanc comme des flashbacks mémoriels. C’est la postproduction qui a pris le plus de temps.

 

Un cinéma en devenir

 

Zheng Lu Xinyuan fait partie de ces jeunes cinéastes chinois de plus en plus nombreux qui ont fait des études à l’étranger et tournent leur premier film en rentrant en Chine, avec un regard et un style propres. Ils ont un grand potentiel car il y a en Chine beaucoup de petites sociétés de production à la recherche de nouveaux talents dans le créneau en plein essor du cinéma « d’auteur » - « The Cloud in Her Room » a été produit par Blackfin. La plus grosse difficulté est bien sûr la disparition des festivals de cinéma indépendant en Chine ou, à quelques exceptions près, de toute autre possibilité de montrer les films réalisés. C’est l’étranger qui offre une ouverture et un relais.

 

Comme beaucoup de ses contemporains, Zheng Lu Xinyuan explore un cinéma à la croisée de divers arts visuels : vidéo, installations, photographies. Le texte devient aide à conceptualisation de l’image. Elle envisage de créer un album photos car elle voit là une autre manière de montage, mais sans la logique narrative inhérente au film, plutôt comme création d’atmosphère où replacer les photos.

 

Elle a d’ailleurs déjà exposé ses photos, et coécrit deux livres…

  


 

[1] Voir l’interview de la réalisatrice en 2018 à Pékin, au moment du festival du court métrage (en chinois) : https://107cine.com/stream/116133

 

 

     

 

 

 

 
     
     
     
     
     
     
     
     

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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