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Festival Allers-Retours : les courts métrages Coming of Age
2026
par
Brigitte Duzan, 13 septembre 2026
Le
festival Allers Retours annonce pour l’automne 2026 la
6e édition de « Coming of Age » :
un
programme en quatre séances
de 21
courts métrages de jeunes cinéastes sinophones mêlant films
d’animation et de fiction, documentaires et films
expérimentaux :
- à
Paris, les 25 et 26 septembre (au Pathé Fauvettes) et les 1er
et 2 octobre
(au
Studio des Ursulines)
- à
Lyon, les 25, 26 et 27 septembre (au cinéma Lumière Fourmi).
Allers
Retours s’affirme de plus en plus comme le festival du
cinéma de la diaspora chinoise, comme le montre ce nouveau
programme foisonnant de courts métrages dont la langue même
est un chinois teinté de dialectes divers, outre l’anglais.
Force est de constater que la Chine reste malgré tout, d’une
manière ou une autre, le dénominateur commun de tous ces
films, à travers la culture, la mémoire, des thématiques qui
pourraient difficilement être traitées en Chine même et sont
d’autant plus intéressantes que, abordées ainsi avec un
regard distancié, elle tendent vers l’universel.
L’avant-garde cinématographique chinoise est là, dans un
monde mouvant où les frontières traditionnelles ont tendance
à s’estomper et se brouiller.
Ø
1ère
séance : cinq films
Fiction
-
Muchun (《晚风》)
de Ren Honglin (任泓霖),
en dialecte de Chongqing – 2023, 27’
Histoire d’une femme (nommée Huang Muchun
黄牧春)
qui se retrouve enceinte en arrivant à Chongqing, dans une
ville étouffante à l’arrivée de la saison des pluies. Le
titre signifie « Vent du soir ».
Originaire de Chongqing, Ren Honglin a étudié le
cinéma au Japon et filme sa ville natale.
-
Delay (《远方延误》)
de Wang Hanxuan (王瀚渲),
mandarin, français – 2025, 15’
Un
père chinois homosexuel et divorcé veut se rendre à Paris
pour assister au mariage de son fils, mais celui-ci a invité
ses amis homosexuels, en hésitant à l’inviter lui-même. D’où
le retard du titre.
Diplômé de la Tisch School of the Arts de l’université de
New York et titulaire d’un MFA en réalisation de
l’université Columbia, Wang Hanxuan est aujourd’hui basé à
Pékin.
Son
court métrage « East
Coker » (《一九九九》)
a été présenté au festival IFFR de Rotterdam en 2024 : dans
un village de l’extrême nord de la Chine, une vieille femme
attend avec une confiance inébranlable le retour de son père
parti à la guerre.
-
The Girl is Taken by Aliens (《鬼月故事》)
de Wang Mu (王牧),
mandarin, allemand – 2026, 19’
La
jeune protagoniste du film vit dans une petite ville
d’Allemagne où elle se sent étrangère. Une nuit d’été, elle
rencontre des créatures étranges, comme un soir de fête des
fantômes à laquelle fait allusion le titre (guǐyuè
鬼月 :
le mois des fantômes, 7e mois lunaire).
La
réalisatrice Wang Mu a étudié l’écriture scénaristique à
Pékin et la mise en scène en Allemagne où elle vit depuis
2020 ; elle est comédienne et fait aussi de la mise en scène
de théâtre. Elle traite les problèmes identitaires nés de
son expérience de la diaspora en utilisant les histoires de
fantômes de la tradition chinoise.
Voir
son site personnel.
Documentaire expérimental
-
The Streetlights Flicker When I Blink (《如烟》)
de
Chuah (Cai) Weiqi (蔡玮琦),
sans dialogues – 2024, 8’
Déambulation nocturne sans scénario préconçu, un soir de
Nouvel An, filmée avec une vieille caméra portative, c’est
en fait la recréation mémorielle d’une déambulation faite
des années auparavant, avec tous les souvenirs du passé
venant croiser la contemplation du présent. Le film a obtenu
le prix de la meilleure musique originale de film au
Singapore Youth Film Festival.
Originaire de Singapour, la réalisatrice est aussi écrivaine
(littérature et théâtre). Voir
son site personnel.
Animation
-
You Are Not Part of The Cake (《你不在这个蛋糕里》)
de Chen Ting-Jui/ Tingrui (陳亭叡),
mandarin – 2025, 5’
La
jeune Ping a une petite amie dont le père est homophobe et
violent : elle finit par le tuer et en fait un gâteau dans
une sorte de rituel amorçant le passage à une vie nouvelle
en rupture avec le passé.
Chen
Ting-Jui est une illustratrice et animatrice taïwanaise
basée à Londres, diplômée du Royal College of Art.
Ø
Séance
2 : six films
Fiction
-
So Rock (《我爱摇滚乐》)
de Liu Fangbai (刘方白),
mandarin – 2025, 16’
Dans
une ville industrielle en déclin du nord de la Chine, un
garçon de 13 ans doit affronter le harcèlement à l’école et
la déchéance de son père. Le rock lui offre une voie de
révolte et de rédemption.
Né
en 1991, le réalisateur Liu Fangbai est diplômé de
l’Institut central d’art dramatique de Pékin. Il explore
depuis 2012 les tensions au sein de la famille, à l’école et
dans la société, en mêlant réalisme et échappées dans un
imaginaire surréaliste.
-
Chrysanthemum
(菊花)
de Jolin Lee (Li Zuling
李祖灵),
anglais – 2025, 12’
Sa
petite fille s’étant volatilisée dans une jardinerie, une
femme se met à fantasmer sur le plan de chrysanthème où elle
pense l’avoir vue disparaître.
Jolin Lee est une jeune cinéaste non binaire d’origine
sino-singapourienne basée à Auckland, en Nouvelle Zélande,
où elle travaille pour une agence publicitaire. Dans ses
films, elle explore des thèmes sociétaux et communautaires
traités par le biais de la science-fiction spéculative et du
thriller.
Chrysanthemum
est son 3e court métrage.
Voir
son site personnel.
-
Jumah,
de Liu Qinglin / Ye Hanling (刘清林,
叶晗灵),
mandarin/arabe – 2025, 16’
Dans
le centre de la Chine, une jeune fille musulmane rebelle aux
contraintes religieuses et familiales décide de se faire
tatouer…
Les
deux réalisatrices sont diplômées de l’Université des
communications de Chine. Originaire d’une famille musulmane
du Henan, Liu Qinglin a poursuivi ses études de théâtre et
de cinéma à l‘université de Pékin. Ye Hanling a poursuivi
ses études à l’Université des arts de Londres.
Documentaire
-
When The Floor Goes Dark (《熄灭之后,亮起之前》)
de
Yihong Exa Huang (Huang Yihong
黄依泓),
mandarin – 2026, 16’
Après la pandémie, à Shanghai, la dernière nuit avant la
fermeture du club underground Elevator, DJ, programmateurs
et habitués se retrouvent une dernière fois : fin d’une
époque et renaissance d’un label de musique.
Yihong Exa Huang
est une réalisatrice et productrice sino-américaine basée à
Los Angeles et diplômée de l’American Film Institute qui
explore les sous-cultures underground. Son documentaire de
2021« Strangers
in Paradise » (《陌路狂欢》)
consacré à la communauté LGBTQ et underground de Chengdu et
son court métrage « Fortune House » (《命馆》)
sorti en 2026 sont représentatifs de son travail.
Performance
-
Soil (《土地》)
d’Arnaud Lin (Lin Xin
蔺欣),
sans dialogues - 2025, 5’
Le
lien à la terre natale (土地),
vieille tradition chinoise, marque l’appartenance de
l’individu non seulement à la géographie de son lieu
d’origine mais aussi à sa culture. Le film explore ce qui
reste de cette tradition dans une chorégraphie interprétée
sur une partition musicale du compositeur et percussionniste
Sébastien Forrester.
Arnaud Lin est un photographe et réalisateur qui travaille
entre Londres et Paris sur les questions d’identité dans un
contexte de migration.
Animation
-
Still Moving (《向前》)
de Li Ruiting (季瑞婷),
mandarin, anglais – 2025, 11’
Une
femme récemment divorcée part avec sa fille à bord d’un
camion de déménagement. Elles tentent toutes les deux de
tourner la page, mais les blessures du passé continuent de
les hanter.
Li
Ruiting est une cinéaste sino-canadienne basée à Montréal.
Dans son travail, elle mêle documentaires, animation, récits
interactifs et bande dessinée animée, sur des sujets sociaux
contemporains.
Ø
Séance
3 : cinq films
Fiction
-
Side A : A Summer Day A (《面:我的一天》)
de Wan Kin Fai (温景輝),
mandarin/cantonais – 2024, 22’
Fei
passe le dernier jour des vacances d’été à se disputer avec
sa mère. Par hasard, dans la nuit, il retrouve une vieille
cassette audio. Alors, pour faire un devoir oral donné en
classe, il décide avec sa mère de revivre cette journée.
Wan
Kin Fai est un cinéaste taïwanais d’origine indo-cantonaise
qui s’est formé auprès du réalisateur taïwanais
Chang Tso-Chi (张作骥)
et a participé à plusieurs de ses films. « Side A : A Summer
Day A » est son premier court métrage, primé au festival du
Golden Horse.
-
Paper Life (《美好生活》)
d’An Chu (朱建安),
mandarin/hokkien – 2025, 14’
Un
jeune Taïwanais morne et taciturne gagne sa vie en
fabriquant des maisons en papier destinées aux rituels
funéraires (zhǐzhá fángwū
纸札房屋),
symboles d’une vie meilleure dans l’au-delà (comme l’indique
le titre chinois).
Le
réalisateur An Chu est diplômé de l’université Columbia
(School of the Arts). Après plusieurs courts métrages, son
premier long métrage est en cours de développement : « Game
of Replacing of Gods »
(《换神记》)
explore justement l’industrie funéraire taïwanaise, et en
particulier la culture des zhizha.
-
Hyena (《鬣狗》)
de Altay Ulan Yang (杨名),
mandarin – 2025, 21’
Enfermés dans un château en ruines coupé du monde comme dans
une prison, des étudiants en art se préparent à un examen
décisif alors qu’à l’extérieur se déchaîne une tempête… Le
court métrage a été en compétition officielle au 78e
festival de Locarno, dans la section Pardi di Domani, où il
a obtenu le Pardino d’Oro.
Altay Ulan Yang est un réalisateur de Mongolie intérieure.
Après avoir vécu dans un monastère jusqu’à l’âge de 18 ans,
et après des études en Chine, il vit maintenant à New York.
« Hyena » est son deuxième court métrage.
Animation
-
Sea ! Taxi (《海!出租》)
de Deng Boyu (邓博予),
mandarin/dialecte de Hainan – 2025, 10’
Une
étudiante déprimée vient chercher à se réconforter dans une
ville au bord de la mer. Il faudra un étrange trajet en
voiture pour la réconcilier avec la vie.
Après des études à l’Université des communications en Chine,
Deng Boyu est maintenant en master d’animation aux Gobelins
à Paris. Il a travaillé sur divers projets, dont des designs
de préproductions pour des longs métrages animés.
Court métrage expérimental
-
Dark Channel (《黑洞洞》)
de Yu Zhe (于哲),
sans dialogues – 2025, 12’
La
poésie d’un tunnel, un jour de pluie…
Né
en 1988, Yu Zhe vit à Shijiazhuang en Chine continentale.
Ø
Séance
4 : cinq films
Fiction
-
In The Valley(《鸟,飞行中》)
de Lim Han Loong (林汉龙),
mandarin – 2025, 21’
La
jeune Lei (11 ans) habite dans les montagnes de Malaisie
avec sa mère. Lorsque celle-ci décide de l’emmener vivre
dans la capitale pour qu’elle ait une meilleure éducation,
elle s’enfuit à vélo avec un ami, dans une vallée à la
végétation luxuriante, pour aller se réfugier dans une
grotte. Le film a été projeté au festival de Busan.
Diplômé de l’université Sains Malaysia, Lim Han Loong
réalise depuis 2012 des films qui explorent les thèmes des
migrations et de l’impermanence. Après plusieurs courts
métrages, il développe actuellement son premier long
métrage.
-
A Small Fiction of My Mother in Beijing (《她的独白》)
de
Dorothea Sing Zhang (张穆涵),
mandarin – 2025, 13’
Une
célèbre chanteuse d’opéra chinois s’immerge dans la
discipline que requiert son art, tout en tentant de combler
la distance qui la sépare de sa fille dont elle est séparée.
Réalisatrice et photographe diplômée de la Slade School of
Fine Art de l’Université de Londres, Dorothea Sing Zhang a
également étudié le cinéma au Danemark avec entre autres
Lars von Trier et Thomas Vinterberg. Mêlant esthétique
surréaliste et approche documentaire, elle explore dans ses
films les thèmes de l’identité, de la famille et de la
mémoire. « A Small Fiction of My Mother » est, après
« Masterpiece Mommy » (《杰作妈妈》)
en 2024, le deuxième volet d’une » trilogie de la mère »
dont le troisième volet « As a Cure » (《砂之歌》)
a été présenté en première mondiale au
79e festival de Locarno
en août 2026.
(voir
son site personnel).
-
Echoes of A Long Day (《长日留痕》)
de Chen Jiaxiang (陈嘉祥),
dialecte de Chaoshan - 2025, 21’
Une
petite ville côtière de Chaoshan, en 2007 : un adolescent
monte dans un bus partant pour Shenzhen, mais en descend
aussitôt : il veut passer une dernière journée avec ses
amis. Mais la journée ne s’achève pas comme prévu… Le court
métrage a été présenté en première mondiale au 9e
festival international de Pingyao.
Né
en 1995, Chen Jiaxiang est diplômé de l’université Shih Hsin
de Taïwan (台湾世新大学)
et basé à Canton.
-
Captive Audience (《对牛弹琴》)
de Lin Kew (林勤之),
anglais, mandarin, malais – 2025, 14’
Un
saxophoniste et compositeur de jazz méconnu trouve son
public auprès … des animaux d’un zoo. Quand sa musique fait
finalement fureur, il doit choisir entre les animaux et
l’industrie…. Le court métrage est sous-titré « comédie
satirique » (讽刺喜剧).
Nota :
le titre est un chengyu (une expression consacrée) tiré d’un
ouvrage de la dynastie des Han qui comporte une toute autre
morale. Voir duì niú tán qín
对牛弹琴.
Né
en 1988 et basé à Londres,
Lin Kew
est un réalisateur et scénariste singapourien dont les
courts métrages satirisent l’absurdité du quotidien. Il
développe actuellement un premier long métrage annoncé comme
une « comédie noire » (黑色喜剧电影),
« Free Admission » (《免费入场》),
qui a obtenu en 2023 une Mention spéciale aux
Talents Tokyo
(branche asiatique des « Talents International » de la
section « Berlinale Talents » du festival berlinois).
Animation
-
Falling Mist (《落雺[1]》)
de Zhuang Yu-Jin (莊淯津)
– 2025, 6’
Le
chemin de retour du travail passe par des rue animées
jusqu’à une voie ferrée d’usine ; en traversant les rails à
un passage à niveau, le brouillard tombe…
Zhuang Yu-Jin est une réalisatrice taïwanaise de films
d’animation diplômée de l’Université nationale de Tainan.
« Falling Mist » est son deuxième court métrage. Elle
utilise l’aquarelle, le pastel, la gravure sur plâtre pour
créer des images d’une grande beauté explorant la mémoire
traumatique des lieux.
Détails des séances, programmation et horaires,
sur le site d’Allers Retours.
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