Gu Jun
(顾筠)
est célèbre pour son documentaire sur l’histoire des Jeux
olympiques réalisé en 2008, à l’occasion de Jeux olympiques
de Pékin : « Construire le rêve 2008 » (《筑梦2008》).
En juin 2026, elle a remporté le prix du meilleur
documentaire au
28e festival international de Shanghaipour
« Notes Unheard » (《别担心,爸爸 !》).
Gu
Jun
顾筠 au
festival de Shanghai (juin 2026)
Documentaires télévisés
Née en
1967 à Shanghai, Gu Jun est diplômée de l’Institut du cinéma
de Pékin, dont elle est sortie en 1991 pour entrer, la même
année, au Studio central des documentaires d'actualités (中央新闻纪录电影制片厂).
De 1992 à 2000, elle s’est ainsi consacrée au tournage de
documentaires pour la télévision, dont : « Un siècle de la
rue de Nanjing » (《百年南京路》), « Tang
Chunfu et sa construction de la Ville du Buddha » (《汤春甫与他的造佛城》),
« Le Simiao magique » (《神奇的思茅》),
ainsi qu’un documentaire sur la médecine chinoise et sa
pharmacopée (中华医药).
La réalisatrice des Jeux Olympiques
À
partir de 2001, elle a travaillé à la réalisation du
documentaire sur les Jeux olympiques, « Construire le
rêve 2008 » (《筑梦2008》),
tourné en 16 mm pendant sept ans, produit par le Studio
central des films documentaires d'actualités et supervisé
par le Département de l'information et de la communication
du Comité d'organisation des Jeux olympiques de Pékin.
Construire le rêve 2008《筑梦2008》
Le
film est construit sur plusieurs thèmes : les changements
d'une famille de trois générations pendant cette période, la
croissance de trois gymnastes féminines, l'entraînement d'un
athlète de course d’obstacles (跨栏运动员),
la vie quotidienne d'un groupe de policiers d'élite (特警)
ainsi que, parallèlement, la totalité du processus de
création du Stade national (国家体育场),
le fameux « Nid d’oiseau » (鸟巢),
de sa conception à sa construction, en partant du jour où la
flamme olympique des Jeux de Pékin a été allumée à Athènes,
le 24 mars 2008.
Le
documentaire a été sélectionné en 2007 par le Comité
olympique pour devenir le film officiel des 29e
Jeux olympiques. Puis il a été sélectionné par les autorités
chinoises pour être projeté au Stade national le jour de
l'ouverture des Jeux olympiques de Pékin, le 8 août 2008.
En
2010. Gu Jun a ensuite été la réalisatrice principale du
film officiel des 16e Jeux asiatiques (亚运会)
qui se sont déroulés en novembre 2010 à Canton. Le
documentaire de Gu Jun – « Rencontres à Canton » (Yuánjù
Yánchéng《缘聚羊城
[1]》)
– est le premier film officiel de l’histoire de cette
compétition. Il a été filmé par toute une équipe qui s’est
rendue dans les cinq principaux pays qui participaient aux
jeux. Gu Jun a ensuite, comme à son habitude, mêlé les
histoires des athlètes à celles de gens ordinaires de
Canton, montant en parallèle les séquences des uns et des
autres en les connectant ainsi par le biais de l’image.
Du sport à l’histoire de Canton
Après
les Jeux asiatiques, Gu Jun est restée à Canton où elle a
réalisé plusieurs documentaires au cours des dix années
suivantes. Le premier a été « En passant par la route
maritime de la soie » (《穿越海上丝绸之路》),
diffusé sur CCTV9.
En
passant par la route maritime de la soie 《穿越海上丝绸之路》
Le
dernier, « Histoire de Canton » (《广州故事》),
retrace 40 ans de politique de réforme et d’ouverture, sur
le thème « Ouverture et tolérance » (kāifàng bāoróng
开放包容)
dont elle a fait les caractéristiques de la culture
humaniste de la ville. Le documentaire a été projeté en 2020
pour le 10e anniversaire des Jeux asiatiques,
puis en décembre 2023 au Festival du documentaire de Chine
(à Canton). Il a ensuite été diffusé sur CCTV9 en une série
de cinq épisodes.
Histoire de Canton 《广州故事》,
premier épisode
De Canton à la musique
Filmé
sur une période de quatre ans, « Notes Unheard » (《别担心,爸爸 !》)
primé au 28e festival de Shanghai en juin 2026
marque une transition dans le parcours de Gu Jun, mais dans
le même style cinématographique, c’est-à-dire tourné vers
l’étude réaliste des sentiments et de la vie intérieure de
ses personnages.
Notes Unheard
《别担心,爸爸 !》
« Notes Unheard » étudie les relations entre un jeune
musicien de Canton, Wang Zi’an (王子安),
et son père qui lui a consacré toute sa vie. Le jeune
musicien, qui est malvoyant, part à Londres avec son père
faire des études de violon pendant quatre ans. La
réalisatrice les a rencontrés ensemble, quand elle les a vus
pour la première fois, le père ne quittant pas son fils. Le
titre chinois du film signifie : « Ne t’en fais pas,
papa ! ». Le fils est bien sûr reconnaissant à son père pour
le soutien qu’il lui a apporté, mais ce soutien de tous les
instants finit par devenir une pression invisible, et une
protection excessive. Le fils nourrit forcément le désir de
plus d’autonomie, ce qui entraîne des frictions et des
désaccords
[2].
Le
film exprime les tensions qui existent entre parents et
enfants, tout particulièrement en Chine où la pression
exercée sur les enfants (souvent uniques) est
particulièrement pesante. Il reflète donc une réflexion sur
les problèmes de nombreuses familles en explorant les
limites de l’amour familial.
Gu
Jun et son producteur Chen Lingzhen (陈玲珍)
au festival de Shanghai
[1]Yangcheng
est le surnom de la ville de Canton : la « ville des
cinq béliers » (五羊城),
d’après la légende du Temple (taoïste) des Cinq
Immortels (五仙观)
qui ont introduit à Canton la culture du riz : selon
une version de cette légende, alors que, pendant la
dynastie des Zhou, une sécheresse terrible sévissait
dans toute la région, cinq immortels sont apparus,
montés sur cinq béliers de différentes couleurs,
apportant des grains de riz ; par la suite, la
région a bénéficié d’un climat favorable et de
récoltes abondantes, on a donc construit ce temple
en hommage aux bienfaiteurs de la ville.
Les béliers du Temple des Cinq Immortels
[2]Le film
rappelle le roman de
Wang Shuo (王朔)
« Je suis ton papa » (《我是你爸爸》)
publié en 1991.