par Brigitte Duzan, 02 janvier 2017, actualisé 14 juillet
2026
Sun Xun (孙逊)est
aujourd’hui l’un des artistes chinois les plus
sophistiqués : utilisant les arts visuels les plus divers,
de la peinture aux techniques du film d’animation, il a
réalisé depuis plus de vingt ans une œuvre originale qui
dépasse la prouesse technique pour exposer une vision du
temps et de l’histoire entre réalité et imaginaire, mythe et
idéologie. À partir d’un faisceau de thèmes qui lui sont
propres, il est capable de se réinventer sans cesse par la
pure magie de son imagination créatrice, pour nous faire
accéder à un stade où, passé l’effervescence, on n’admire
plus de l’œuvre que sa pure beauté
Sun Xun
üPremiers pas :
l’idée en mouvement
Né en 1980 à
Fuxin, dans le Liaoning (辽宁阜新),
Sun Xun a fait ses études à l’Institut des Beaux-arts de
Hangzhou. Après avoir commencé à réaliser quelques courts
métrages à partir de 2004, il a fondé en 2006 son « Studio
d’animation Pi » (丌格动画工作室)et
depuis lors, ses œuvres, tant picturales que
cinématographiques, ont fait le tour des grandes galeries et
des festivals de cinéma du monde entier. Certaines de ses
œuvres ont ainsi été programmées à Paris lors de la 1ère
édition du festival Shadows, en 2006, puis en octobre 2008
dans le cadre de la 2e édition du
festival, tandis que la galerie ShanghArt
exposait ses œuvres à la FIAC.
o2002-2005 : les prémices
Il a
commencé à exposer à Shanghai et Hangzhou dès 2002, mais son
œuvre commence à prendre forme à partir de 2004, avec des
courts métrages expérimentaux, comme des exercices de style.
2004 : « Utopia in the Day »
《日常乌托邦》(4’)
En cinq
parties : ampoule, toupie (où un marionnettiste tire les
fils du monde), eau courante, échecs et réveil - le monde
est détruit ; dans l’obscurité finale, une main allume une
allumette…
Animation sur des visages traités comme des masques et un
corps nu maculé de terre sur lequel se meuvent des signes
semblables à des scarifications tribales – séance
d’exorcisme ou magie guerrière, on ne sait trop.
Des caractères chinois se
muent en soldats, chevaux, chars de combat et se font la
guerre.
Sun Xun
a poursuivi sur le double thème du mensonge et du mythe.
o2006-2008 : la création mise
en scène
Pour
créer ses animations, Sun Xun réalise des centaines de
dessins individuels, qui incorporent souvent des textes dans
l’image, sur des sujets le plus souvent historiques et
politiques. Puis il filme les dessins, l’un après l’autre,
pour donner une idée de mouvement, suggérer le passage du
temps ou les machinations de l’histoire. Les œuvres
réalisées pour la préparation des films sont elles-mêmes des
œuvres d’art à part entière, présentées parallèlement aux
films eux-mêmes, dans musées et galeries.
-
2006 : « Lie »
(7’20)
Un
espace indéterminé est habité par un personnage portant un
chapeau haut de forme, figure récurrente chez Sun Xun,
représentant le magicien/politicien manipulateur des foules.
Il est éclairé par la lune qui brille à travers les barreaux
de la fenêtre ; peu à peu, cependant, les murs commencent à
afficher des figures inquiétantes qui se développent en
donnant naissance à des créatures étranges qui se
transforment en bombes…
En deux
parties, Mythos et les paroles de Mythos
[1],
l’œuvre se présente comme un collage illustrant des
souvenirs personnels tout autant que la mémoire collective
(le mythe). L’histoire est découpée en tranches, l’univers
est finalement la proie de flammes bleuâtres qui dévorent
peu à peu les visages sur des photos jaunies… effaçant la
mémoire qu’elles auraient dû préserver.
L’ombre récurrente du
magicien-démiurge
- 2007 :
« Requiem »《安魂曲》
(7’)
Requiem
pour un monde à l’agonie, où les rues sont en flammes et le
ciel envahi par des espèces de moustiques géants qui
survolent la ville comme des hélicoptères menaçants.
-
2008 : « New China »
《新中国》(5’19)
:
Pas du
tout harmonieuse, la nouvelle Chine de Sun Xun ! Trompeuse
jusqu’au slogan final : « In Magician We Trust ».
- 2008 :
« Heroes No Longer »
《英雄不再》(9’)
« Heroes No Longer » est une
satire impitoyable de la fabrication de l’histoire par un
régime autoritaire, la Chine pour ne pas la nommer. Le film
commence par les actualités de 1959 : l’Union soviétique est
victorieuse, la production de charbon de la Chine a dépassé
celle de l’Angleterre – c’est la période du Grand Bond en
avant – puis changement de décor : des mourants à l’hôpital
tandis que des corbeaux les surveillent, perchés sur des
fils électriques – image de la grande famine qui a suivi….
La musique, triomphale d’abord, se met peu à peu à
dérailler, comme un vieux 33 tours qu’on n’aurait pas
branché à la bonne vitesse….
Heroes No Longer
-
2008 : « Coal
Spell » 《黑色咒语》(7’)
En
2006, à la biennale de Shanghai, Sun Xun a inauguré une
manière très vivante d’initier le public à une démarche
créatrice qui participe autant de l’art graphique que de
l’animation. L’idée a ensuite été reprise et développée à
Pékin pour la création de « Coal Spell » (《黑色咒语》)
– littéralement « le sortilège noir ». L’Institut d’art
contemporain Platform China (站台中国) [2]
a réalisé au printemps 2008 une exposition qui s’est
déroulée sur deux mois : pendant le premier, l’artiste a
d’abord tenu un studio public où l’on pouvait le voir
réaliser les sketchs préparatoires du film ; les œuvres
ainsi réalisées ont ensuite été exposées le mois suivant. En
juin-juillet 2008, le Hammer Museum de Los Angeles a
appliqué la même méthode dans le cadre de son programme
d’artistes en résidence.
En 7
minutes, « Coal Spell » relate l’histoire de Fuxin, la ville
natale de Sun Xun, comme une variation sur un billet de
banque (un ancien billet de 5 yuans). Dans une ville
mystérieuse et sombre, parcourue par des tempêtes de sable,
des nuées de fumées noires ou rouges s’échappent d’immenses
cheminées d’usines et cachent le soleil ; les slogans
idéologiques retentissent quotidiennement pour rappeler les
esprits à l’ordre et brider leur curiosité du monde
extérieur ; la ville est une prison où l’histoire est
enfermée.
Coal Spell
Évoquant « Brave New World » (《美丽新世界》),
le monde halluciné d’Aldous Huxley, « Coal Spell » est un
hommage à la ville où Sun Xun a vécu toute son enfance,
celle où il a commencé à douter de l’histoire telle qu’on la
lui inculquait. C’est une sorte de condensé prémonitoire de
ses thèmes de prédilection.
Car le
monde de Sun Xun est un univers manipulé par des magiciens
et habité par le mensonge, peuplé d’animaux monstrueux et
menaçants, où dominent le noir du néant et le rouge des
flammes, où les murs se fissurent inéluctablement, où les
fumées d’usines se mélangent aux volcans en irruption, où la
guerre est toujours imminente et l’humanité constamment
menacée. Un univers pesant de cataclysme latent, magnifié
encore par la musique, signée Jin Shan (金闪)
[3].
Il
s’agit là d’un cinéma expérimental qui représente un long
travail de conceptualisation et de préparation, pour
aboutir, en complément du film, à des expositions de l’œuvre
préparatoire. C’est tout particulièrement le cas de « Lie »
et « Coal Spell » comme le montre le
dossier sur le site de la
galerie ShanghArt.
Depuis
lors, Sun Xun a poursuivi sur la même thématique, en variant
les modes d’expression
[4].
ü2010-2020 : foisonnement
créateur
En
2009, il réalise le « Zoo de la République » (《人民共和动物园》),
puis, en 2010, « Clown’s Revolution » (《诗歌工厂》10’),
littéralement « L’usine des poètes », ces clowns étant des
poètes à la Yang Fudong
(杨福东),
à la poursuite, toujours, d’une réalité utopique. Mais cette
année 2010 est prolifique.
2010 : un sommet en
quelques grammes
De 2010
date « Beyond -ism » (《主義之外》8’)
qui pose la question de la survivance des légendes qui
contribuaient à l’explication du monde, les idéologies en
ayant pris le relais ; alors, si viennent à disparaître tous
ces mensonges, que restera-t-il dans nos vies ?
Beyond -ism (trailer)
Par
ailleurs, pendant quatre ans, de 2007 à 2010, Sun Xun a
travaillé – avec les artistes de son studio – sur une
série de peintures en préparation d’un film de 27’ sorti en
2010 : « 21 grams » (《21克》).
C’est
l’apogée, en termes stylistiques aussi bien que thématiques,
de cette période créatrice foisonnante de Sun Xun. C’est le
premier film d’animation chinois à avoir été sélectionné par
la Biennale de Venise, en 2010, avec des expositions
programmées dans la section Horizons du festival, tandis
qu’une exposition était organisée aussi à Shanghai au
Mingsheng Art Museum (上海民生现代美术馆).
En 2017, le film a encore été programmé dans la section
« Image et espace-temps » (“影像时空”)
de la foire d’art moderne Art Shenzhen (艺术深圳).
C’est
une œuvre dessinée au crayon, à la craie et au fusain, entre
réalisme et onirisme. Le titre est une référence
métaphorique au poids de l’âme humaine, le film visant à
explorer l’essence du temps, le nihilisme de l’histoire et
l’authenticité de l’existence individuelle. Comme Sun Xun
avait commencé à le faire dans ses films précédents, et en
particulier dans « Beyond -ism », la trame du dessin est
mise en tension par le jeu de la musique et des effets
sonores, en créant une atmosphère propice à la réflexion sur
l’existence humaine, l’existence personnelle dans son
rapport à l’histoire.
21 grams
Années 2010 : les
magiciens, l’histoire et la mythologie
En
octobre 2012, « Magician Party and Dead Crow » (《魔术师党与死乌鸦》)
est un film de 9’ qui a été projeté en Californie, dans le
cadre de la Biennale de l’université UCLA, puis qui a fait
l’objet d’une exposition à ShanghArt Pékin en 2013. Ce sont
des images rehaussées de couleur, encre sur papier, créant
une atmosphère angoissante.
Magician Party and Dead Crow, Grasshopper (蚱蜢)
Le magicien et les
corbeaux
Sun Xun
a développé ensuite tout un bestiaire d’animaux imaginaires,
des corbeaux au paon en passant par le dragon.
Le paon (孔雀),
Pékin 2013
En
2014, il revient vers le thème de l’histoire avec deux
expositions très colorées, toujours à ShanghArt, dans le
style de « Magician Party » :
-« Tale of Tales, History
Repeats Itself Endlessly » (故事中的故事之历史周复又昨日)
-et
« Palimpsestes » (《隐者之书之一》)
qui consacre l’omniprésence symbolique du corbeau dans
l’univers de Sun Xun.
Palimpsestes, 2014
En mai
2016, il expose au Festival du court métrage d’Oberhausen,
en Allemagne, les œuvres picturales réalisées pour son
nouveau film : « The Secondary Republic » (《第二共和国》).
Il expose les gravures sur bois de « L’espion du temps »
(« Time Spy »《偷时间的人》),
et crée les peintures sur papier traditionnel dérivées du
film d’animation « Temps mythologique » (« Mythological
Time » 《通向大地的又一道闪电
》)[5],
peintures qui sont exposées à la galerie ShanghArt Pékin en
2021.
Dans
« Mythological Time », après « Coal Spell », Sun Xun revient
sur l’histoire de sa ville natale, Fuxin, ville industrielle
dans le passé, au moment de la gloire du Nord-Est, et
aujourd’hui coin paumé enseveli dans l’oubli ("遗忘角落").
Il part de la légende industrielle et des coutumes
populaires pour explorer les changements historiques de la
ville comme symbole de toute la région du Nord-Est, et en ce
sens est à replacer dans le
mouvement de renaissance de cette région, renaissance
qui passe par celle de la littérature et des arts.
Mythological Time,
Printemps 1, chap. 2
Les
années 2016-2017 voient aussi la création d’une autre série
sur le thème de la mythologie : « Tears of Chiwen » (《鸱吻之泪》).
Le chīwěn (鸱吻
ou 蚩吻/
螭吻)
est le 9e des Neuf fils du Dragon, chī 蚩
signifiant « dragon sans cornes », c’est-à-dire jeune dragon
; animal propice, il protège des incendies et « avale » les
influences néfastes, et pour cette raison on le trouve
depuis les Han, queue en l’air et bouche grande ouverte,
comme motif ornemental en bordure des toits (de bois) des
temples, palais et autres bâtiments officiels, en Chine, au
Japon et dans le sud-est asiatique.
Sun Xun
traite l’animal à la manière du bestiaire surréaliste du « Classique
des monts et des mers » (Shanhaijing 《山海经》),
en en variant les formes, par exemple en empruntant les
traits de l’unicorne xièzhì (獬豸)
– créature mythique qui ressemble à un bélier, mais avec une
unique corne, comme le qílín
(麒麟) ;
ayant la caractéristique de savoir distinguer le vrai du
faux, l’animal encorne les coupables et a ainsi aidé le
ministre de la justice Gao Yao (臯陶)
du légendaire empereur Shun (舜) ;
il est donc resté précieux auxiliaire de justice, en
particulier pour lutter contre la corruption…
Tears of Chiwen, le xiezhi
En
2017, Sun Xun a illustré le double thème de la forteresse (chéngbǎo《城堡》),
de la religion comme bastion, et du disciple (« Protestant »
jiàotú《教徒》).
Puis il
est revenu au vaste thème de la mythologie chinoise, pour
une série intitulée « Magic Atlas » (《魔法星图》).
ü2020-2026 : la mythologie et
sa magie
De Juzhukou…
Le
thème a été abordé en 2020 dans une peinture sur papier fait
main (手工浇灌纸),
traitée comme une peinture de paysage de type shanshui,
en couleur, intitulée « La magie des atlas » (« Magic of
Atlas. Jukuzhou »
《魔法星图--聚窟洲》).
Magic of Atlas,
Jukuzhou
Jukuzhou (聚窟洲)
est un lieu légendaire décrit dans la « Chronique
des Dix Continents au milieu des mers » (《海内十洲记》)
écrite par Dongfang Shuo (東方朔)
de la dynastie des Han, qui aurait entendu cette histoire de
la bouche même de la Reine Mère de l’Ouest (Xiwangmu西王母).
Jukuzhou se trouve
dans la région Shenwei de la Mer de l’Ouest (西海申未之地),
en bordure du mont Kunlun où demeure, justement, la Reine
Mère. C’est un endroit peuplé d’immortels, qui produit un
encens de longue vie qui repousse la mort (què sǐ xiāng却死香)
dont un petit échantillon aurait été offert comme tribut à
l’empereur Wu des Han (漢武帝)
par le roi du royaume des Yuezhi (月支国).
En
2021, Sun Xun crée pour la Vancouver Art Gallery une
peinture intitulée « Mythology or Rebellious Bone » (shénhuà
hé fǎngǔ
《神話和反骨》):
c’est une section d’une gigantesque fresque de 31 mètres
représentant des divinités du panthéon bouddhique et des
dieux imaginaires où l’histoire se fond dans le mythe, les
légendes alimentant l’imaginaire de l’artiste pour créer de
nouvelles lignes narratives. Ainsi ces « os rebelles » (fǎngǔ
反骨)
qui font référence à une légende selon laquelle une personne
qui a un petit os en saillie dans la nuque est destinée à
devenir un traître. D’où l’allusion cachée derrière cette
image : les narrations conçues sur la base des mythes
seraient-elles histoires parallèles, conçues comme des
formes de tromperies, un os qui reste en travers de la
gorge ?
Mythology or Rebellious Bone, 2021
De la
peinture sur ce thème, Sun Xun est passé à l’animation, en
stop motion.
… à Magic Atlas
Réaliser un long métrage
d’animation en stop motion avait été son rêve pendant plus
de dix ans
[6]. Il a commencé à
le réaliser en 2018, en faisant l’aller retour entre son
studio de Pékin et Shanghai où l’espace expérimental M50 de
la galerie ShanghArt était en cours de rénovation, l’espace
étant un élément essentiel de son inspiration dans sa
création. Il a appelé ce nouvel espace « Stop Space » et son
film « Magic Atlas » (《魔法星图》).
Le film Magic Atlas
Dans sa
narration cinématographique, Sun Xun a tenté d’incorporer
l’histoire de ce style cinématographique, en mettant
l’accent sur l’art pictural, à travers des styles aussi
différents que la gravure sur bois, la peinture chinoise
traditionnelle, l’art de la miniature persane et la peinture
contemporaine. En même temps, cette nouvelle création
reflète son expérience d’artiste en résidence aux quatre
coins du monde, formant une toile de fond d’espaces-temps
différents, avec des références à ses œuvres passées. La
narration est ainsi un reflet des interactions, voire des
conflits entre civilisations ou cultures, avec des doutes et
des interrogations sur la nature humaine, et la nature en
général.
Ce film
est ainsi plus complexe que ce que Sun Xun a fait jusqu’ici,
en ce qu’il incorpore une ligne narrative à sa création
d’images, le style pictural venant en parallèle avec la
toile de fond régionale devenue élément clé de la narration,
d’où l’intitulé « Magic Atlas ». En fait, la création du
film a été affectée par l’évolution du projet d’Espace
expérimental, dans un processus interactif où les frontières
entre film et réalité spatiale ont tendance à s’estomper.
« Magic Atlas » :
exposition à la galerie ShanghART,
espace expérimental
M50, nov. 2019-avril 2020.
Les
personnages et leurs sobriquets (et animaux totems,
chouette, chat noir et autres) semblent inspirés des bandits
du classique « Au
bord de l’eau » (Shuihuzhuan《水浒传》)
et tout particulièrement des cartes à jouer les représentant
que les enfants collectionnaient dans les années 1970, et
bien plus tard.
Le personnage Œil de
feu
火眼
Le film
« Magic Atlas » (《魔法星图》)
a été sélectionné dans la section Cinéastes du Présent par
le
79e festival de Locarno (5-15 août 2026).
Et aux héros de légendes
En
2023, Sun Xun est passé à d’autres figures légendaires avec
une peinture intitulée « Les héros des régions désertiques »
(《荒野英雄》)
où l’on retrouve certains de ses animaux familiers, dont la
chouette tirée de « Magic Atlas ». Ces nouveaux « héros »
ont été exposés à Shanghai en 2024 dans une exposition
intitulée « Le cirque disparu » (消失的马戏团).
Sun Xun
n’en finit pas de créer sa propre mythologie, comme une
fable colorée dans la jungle du monde moderne.
The Fable in the
Jungle
《丛林中的寓言》,
2023
À
regarder en complément
Visite
guidée de l’atelier de Sun Xun et de sa création
[1]
On notera que « Mythos » correspond au titre chinois
yìbāng异邦
qui peut se traduire par
« nation étrangère ». Mais ici bāng 邦
fait implicitement référence à
l’utopie, wū tuō bāng乌托邦,
qui est illusion et mensonge,
donc mythe.
[2]
Une galerie pékinoise située à Dashanzi, au nord de
la capitale, dans cette fameuse friche industrielle
transformée en vitrine moderniste de l’art
contemporain, l’espace 798 ou
798艺术工厂.
[3]Jin Shan est
un artiste multidisciplinaire, musicien et
compositeur, mais aussi lui-même auteur de films
vidéos assez provocateurs, dont
l’un des plus
célèbres est « Water Division ».
[4]Liste des
œuvres, expositions et projets depuis 2002 sur le
site de la galerie ShanghArt
[5]
Titre chinois signifiant « Un nouvel éclair vers la
terre ».
[6]
L’animation en stop motion a été mise au point par
le cadet des
frères Wan, Wan Chaochen (万超尘),
spécialiste de l’animation de poupées dont le
premier film date de 1947 : « Le rêve de
l’empereur » (《皇帝梦》),
dénonçant la corruption du Guomingdang.