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Metteurs en scène

 
 
 
     
 

Li Shaohong 李少红

Présentation

par Brigitte Duzan, 14 octobre 2010, révisé 11 janvier 2012

 

Li Shaohong (李少红)  a fait l’objet d’un véritable lynchage médiatique à l’automne 2010 pour une série télévisée qu’elle a réalisée, et qui est sortie en juillet 2010 sur les chaînes de la télévision chinoise, puis en septembre sur les chaînes satellites : « Dream in Red Mansions ».

 

Elle s’était pourtant fait un nom, auparavant, grâce à des films d’avant-garde originaux sur lesquels il est bien plus intéressant de revenir. 
 

Une série conspuée par une avalanche de critiques

 

Ce « Dream in Red Mansions » n’est autre qu’une nouvelle adaptation télévisée, en cinquante épisodes, du grand classique « Le rêve dans le pavillon rouge » (红楼梦Hónglóu Mèng). Produite par Han Sanping, c’est l’une des séries les plus chères de la télévision chinoise : 118 millions de yuans, soit environ 17,5 millions de dollars.

 

Li Shaohong

 

Le nouveau Hongloumeng

 

La série devait initialement être réalisée par Hu Mei (胡玫), la réalisatrice du récent « Confucius ». Or, le principal investisseur, Central Motion Pictures, décida d’organiser un grand show télévisé pour sélectionner les acteurs en faisant voter le public. Hu Mei protesta en disant qu’elle se réservait de revenir sur le choix qui serait fait, sur quoi le producteur déclara que, si la réalisatrice n’était pas contente, ils en changeraient. Ce qui fut fait effectivement, en octobre 2007 : Hu Mei fut remplacée par Li Shaohong. De toute évidence, elle n’a pas eu totale liberté d’action.

 

Durant trois mois, les critiques les plus virulentes n’ont pas cessé, en particulier de la part des spécialistes du roman, et sur internet. Les premiers sont outrés du traitement des personnages, de l’inexpérience des acteurs, et des choix esthétiques en général.

 

Les critiques non littéraires se focalisent surtout sur les costumes et les maquillages. Ceux-ci sont  accusés d’uniformiser les personnages,  au lieu de les individualiser, mais ce sont les coiffures qui suscitent les pires diatribes ; adaptées de l’opéra kunqu pourtant à la mode, elles font aux actrices, dit-on, des « têtes qui ressemblent à des pièces de monnaie en cuivre » (铜钱头). L’atmosphère, disent aussi ces critiques, serait plutôt celle d’un film d’horreur ou de fantômes, en particulier à cause de la musique et des

 

Les coiffures dans Le nouveau Hongloumeng

éclairages. Le roman, dit l’un d’eux, compare la vie à un rêve, pas à un cauchemar.

 

Li Shaohong en pleurs lors de la présentation de la série à la presse

 

On reproche enfin au film le choix stylistique du ‘voice over’ : une voix d’homme récite des passages entiers du livre, d’une voix forte qui domine parfois les dialogues. Les puristes trouvent le procédé grossier, et néfaste car cela tue l’imagination, empêchant de se faire sa propre image de l’œuvre. Peut-être, ajoute un autre, est-ce la raison pour laquelle les acteurs ne se donnent pas beaucoup de peine pour jouer. Tout est dit…

 

Ployant sous l’avalanche de critiques, Li Shaohong a ‘craqué’ lors de la présentation de la série à la presse, le 7 juillet, jour de son anniversaire, et s’est effondrée en pleurs.

 

Le problème est que tout le monde est resté avec en tête les images de la précédente série, réalisée en 1987, qui a été un succès sans précédent. Mais cette précédente adaptation avait été elle-même fraîchement accueillie au début, avant de devenir le succès qu’elle a été. Il faut donc peut-être

laisser le temps faire son œuvre, et les esprits s’habituer à une nouvelle vision de l’œuvre. Comme tous les grands classiques, comme les grands opéras aussi, « Le rêve dans le pavillon rouge » est une œuvre qui suscite aussitôt la controverse dès qu’on y touche.

 

Les cinquante épisodes pour ceux qui veulent ‘réviser’ leurs classiques :

http://dianshiju.cntv.cn/program/hlm/shouye/index.shtml

 

La géniale réalisatrice de “Baob’er in love”

 

Oublions « Dreams in Red Mansions » et revenons-en aux réussites d’une réalisatrice qui ne mérite pas autant d’opprobre.

 

Réalisatrice de la cinquième génération

 

Li Shaohong (李少红)  est née en 1955 et s’est enrôlée dans l’armée en 1969, à tout juste quatorze ans. En 1978, elle est entrée à l’Académie du film de Pékin, dans le département de mise en scène et fait donc partie de la cinquième génération de réalisateurs, celle sortie en 1982.

 

Après avoir été, en 1983 et 1984, assistante réalisatrice sur le tournage de trois films, dont « Bao, père et fils » (包氏父子) et « Un héritage » (《清水湾,淡水湾》), réalisés par Xie Tieli (谢铁骊), elle a réalisé son premier film en 1988 : « The Case of the Silver Snake » (《银蛇谋杀案》).

 

Bloody Morning

 

 

Family Portrait

 

Son deuxième film, « Bloody morning » 

(《血色清晨》), en 1992, a remporté le grand prix du festival des Trois Continents de Nantes et le troisième, « Family Portrait »

(《四十不惑》), en 1993, le prix du jury au festival de Locarno.  « Blush » (《红粉》), en

1995, « Baober in love » (《恋爱中的宝贝》) en 2004 et « Stolen Life » (生死劫) en 2005, les deux derniers avec Zhou Xun (周迅), ont ensuite contribué à la faire connaître du grand public.

 

Elle est par ailleurs l’épouse du chef opérateur Zeng Nianping (曾念平) qu’elle a connu à l’Académie du film de Pékin où il était assistant réalisateur quand elle était étudiante, et qui a signé la photo du « Red Elephant » (《红象》) de Tian Zhuangzhuang (田壮壮) en 1982, l’un des premiers films de la cinquième génération…

 

Baober in love 

 

C’est surtout « Baober in love » (《恋爱中的宝贝》) qui représente un tournant dans la carrière de Li Shaohong. Avec ce film, elle a abandonné son premier style, esthétique et léché, pour aborder le réalisme magique, tentant de rendre l’image d’un monde en changement tellement rapide que tout semble en miettes et qu’il est difficile de s’adapter en préservant une vie spirituelle et morale.

 

Baober in Love

 

Zhou Xun et Chen Kun

 

Baober est née en 1979, au début de la politique d’ouverture. Elle a une imagination fertile et une vitalité débordante. Adolescente, elle voit sa ville en plein chamboulement, sa maison détruite pour construire un immeuble. Elle découvre alors une vidéo d’un homme qui confesse que la vie pour lui a perdu toute signification ; elle décide de le trouver pour lui faire aimer la vie et sauver son âme ; mais il lui faut lutter pour préserver son idéalisme et continuer à voir la beauté dans les endroits les plus inhabituels.

 

Baober, c’est Zhou Xun (周迅) aux côtés de Chen Kun (陈坤), une Zhou Xun survoltée, électrisante, qui fait croire parce qu’elle se l’est fait croire que les lendemains seront roses sinon rouges ; Baober, c’est une photographie superbe et une postproduction léchée (faite en France) ; Baober est un film étonnant.

 

Zhou Xun

 

Interviewée à la sortie du film, la réalisatrice avouait subir des tensions entre sa vie familiale et sa vie professionnelle. Selon elle, la profession n’est pas tendre envers les femmes : une réalisatrice qui ne tourne pas pendant deux ans est oubliée… d’où la pression ressentie, qui l’a sans doute incitée à accepter la proposition de Han Sanping et à remplacer Hu Mei sur un tournage difficile.

 

Alors que ses pairs l’ont élue début janvier 2012 à la présidence de l’Association des réalisateurs chinois, la profession semble vouloir ainsi reconnaître ses qualités et rendre hommage à sa carrière.

 

 

 

 

 

 

 

 
     
     
     
     
     
     
     
     

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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