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Tan Dun 谭盾

Présentation

par Brigitte Duzan, 2 février 2016

 

Né en août 1957 à Changsha, capitale du Hunan, Tan Dun est l’un des compositeurs chinois les plus marquants de la période contemporaine. Mais il est aussi mondialement connu pour ses musiques de films : c’est lui qui a composé, entre autres, la musique de « Tigre et Dragon » (《卧虎藏龙》) et celle de « Hero » (《英雄》).

 

Il a commencé ses études musicales au Conservatoire central de musique de Pékin après la Révolution culturelle, puis, en 1986, est allé préparer un doctorat aux Etats-Unis, à Columbia University.

 

Opéras

 

Tan Dun est en particulier un grand compositeur d’opéras. Il a commencé à Columbia, en 1989, avec un arrangement de poèmes de Qu Yuan (屈原) intitulé « Nine Songs » (《九歌》) :

 

Tan Dun

les poèmes sont chantés à la fois en chinois classique et en anglais moderne, et ils sont accompagnés d’un petit ensemble mixte d’instruments occidentaux et traditionnels chinois, l’interprétation comportant une gestuelle d’ancien rituel en lien avec les poèmes. C’est un premier exemple du style propre à Tan Dun, qui mêle influences orientales et occidentales. 

 

Il a poursuivi en 1996 avec un second opéra, « Marco Polo » (《马可.勃罗》), opéra dans l’opéra où apparaissent les grandes figures historiques liées au personnage légendaire, de Dante à Shakespeare, en passant par Li Bai et Kubilai Khan. Deux ans plus tard, il a signé une adaptation du célèbre opéra kunqu « Le Pavillon aux pivoines » (《牡丹亭》) dont la première production a été mise en scène par Peter Sellars, la musique étant un mélange de musique d’avant-garde occidentale et d’opéra kunqu, mais l’opéra est chanté en anglais.

 

Le plus récent de ses opéras, « The First Emperor » (秦始皇), en 2006, a été commissionné par le Metropolitan Opera de new York, le rôle principal a été créé par Placindo Domingo, le livret étant cosigné de Tan Dun lui-même et de l’écrivain Ha Jin (哈金) ; quant à la mise en scène, elle a été réalisée par Zhang Yimou, avec lequel Tan Dun avait collaboré quatre ans plus tôt pour la musique de « Hero ».

 

Musique de Hero : For the World

 

Musique de Hero : Gone with the Leaves

 

Hero, musique finale

 

Pièces orchestrales

 

Dans les années 1990, Tan Dun a composé une série de compositions de « théâtre orchestral » fondées sur des idées originales : la première demande une utilisation atypique des instruments – violons joués comme des instruments de percussion et harpe jouée comme un gusheng

 

La seconde de ces pièces développe le concept de rituel (déjà présent dans les Nine Songs) en impliquant les spectateurs dans la représentation : l’orchestre n’est qu’en partie sur la scène, les vents sont placés autour de l’auditoire, et il y a deux chefs d’orchestre, le second demandant aux spectateurs de fredonner avec l’orchestre à certains moments.

 

La dernière pièce de la série, « The Gate » (《门》), donnée en 1999, est une suite de type thème et variations, mettant en scène trois femmes célèbres de la littérature sur le thème du sacrifice par amour : le personnage féminin de « Adieu ma concubine » (《霸王别姬》), la Juliette de « Roméo et Juliette » et Koharu de la pièce japonaise du 18ème siècle « Suicides d’amour à Amijima » ; et comme cette dernière pièce était à l’origine pour théâtre de marionnettes, Koharu est interprétée dans la pièce de Tan Dun par un marionnettiste japonais… La pièce comporte une vidéo enregistrant live les images des trois personnages sur la scène.

 

The Gate, part 1

 

Symphonies, concertos et musique de chambre

 

En concert à Hangzhou

 

A partir du milieu des années 1990, Tan Dun a aussi composé de la musique d’ensemble, avec toujours des compositions mêlant techniques et instruments occidentaux et orientaux, comme son second concerto, par exemple, pour guitare et orchestre, mêlant flamenco et pipa. Et beaucoup de ces œuvres empruntent des éléments à l’opéra, que ce soit sous forme de mélodie ou de mise en scène.

 

Certaines de ces œuvres demandent aussi des instruments « organiques » : percussions de papier, de pierre, de céramique, et beaucoup de jeux sur le bruit de l’eau.

 

Musique de films et vidéo

 

La musique composée par Tan Dun pour « Tigre et Dragon » (《卧虎藏龙》) est la plus célèbre, et relève de ses compositions orchestrales mixtes, ce qui convient parfaitement au style du film lui-même. Elle a décroché trois récompenses des plus prestigieuses pour des musiques de films : Academy Award for Best Original Score, Grammy Award for Best Soundtrack et BAFTA Award for best Film Music.

 

Tan Dun a ensuite réarrangé le thème du film en concerto pour violoncelle, vidéo et orchestre de chambre (et percussions), en six parties : le « Crouching Tiger Concerto ». La vidéo comporte des séquences du film, mais elle est accessoire.

 

La musique de Tigre et Dragon en concert

 

Tan Dun (2è à g.) célébrant avec Peter Pau et Ang Lee
les récompenses obtenues par Tigre et Dragon aux Oscars

   

 

Tigre et dragon, le thème de l’épée (Yo-yo Ma au violoncelle)

 

 

Crouching Tiger Concerto

 

Outre la musique de « Hero », il a aussi composé celle de « The Banquet » (《夜宴》) de Feng Xiaogang (冯小刚), en 2006. Les trois œuvres sont regroupées sous le titre commun de « Cycle d’arts martiaux ».

 

Mais sa première musique de film, que l’on oublie souvent, est celle du film de 1995 de Wu Ziniu (吴子牛) : « Don’t Cry Nanjing » (《南京1937).

 

A partir de 2002, Tan Dun a continué à expérimenter dans le domaine de la vidéo et de son utilisation dans le cadre de compositions musicales. Il a ainsi composé « The Map » (《地图》), également pour violoncelle, vidéo et orchestre, qui comporte des séquences documentaires sur la vie et la musique des ethnies Tujia, Miao et Dong. Les musiciens sur scène, dont le violoncelliste solo, interagissent avec ceux sur l’écran, dans une sorte de duo musique live/musique enregistrée. La première de cette œuvre, commissionnée par le Boston Symphony Orchestra, a été donnée avec en soliste le violoncelliste Yo-Yo Ma.

 

The Map, Ghost Dance

 

Et …. Water Heavens

 

« Water Heavens» (《水乐堂·天顶上的一滴水》) est son dernier grand “opera”, au sens premier, en fait une « performance musicale pour cordes, pipa, eau et voix » où l’architecture a aussi son rôle. Il a créé pour le représenter une salle spéciale dans une ancienne bâtisse en bois de la vieille ville de Zhujiajiao (朱家角), dans le district de Qingpu (青浦区), à l’ouest de Shanghai. 

 

C’est une vieille ville de canaux, où l’eau est omniprésente, et la salle de concert est située au bord d’un canal, de l’autre côté d’un temple bouddhiste. L’œuvre incorpore le bruit de l’eau qui s’écoule en gouttant du toit, comme dans le titre (天顶上的一滴水), et elle commence avec de la musique de Bach quand les moines commencent leurs prières du soir et que retentit le gong du temple… Tan Dun a expliqué qu’il en avait eu l’idée alors qu’il visitait le lieu, en écoutant de la musique de Bach sur ses écouteurs, surimposée sur fond de prières venues du temple.

 

Water Heavens

 

L’œuvre va être reprise à Zhujiajiao en mars 2016 [1]

 

Water Heavens, Part 1(intro)

 

Water Heavens Part 2

  

 

 

 

 

 

 

 
     
     
     
     
     
     
     
     

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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