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Hou Yong 侯咏

Présentation

par Brigitte Duzan, 11 août 2016 

 

Sorti en 1982 de l’Institut du cinéma de Pékin, et en tant que tel appartenant à la dite "cinquième génération", Hou Yong est plus connu comme chef opérateur que comme réalisateur. D’ailleurs lui-même a déclaré, à ses débuts, qu’il n’avait pas d’autre ambition que d’être directeur de la photo. D’après les souvenirs de Ni Zhen, il aurait déclaré à ses camarades de l’Institut de cinéma de Pékin, Zhang Yimou (张艺谋) et Lü Yue (吕乐) : « A l’avenir je veux devenir un directeur de la photo, tourner une série d’excellents films, les

 

Hou Yong en tournage

uns après les autres, en filmant avec le plus grand soin. » [1] 

 

Œil de peintre

 

Né en 1960, Hou Yong avait six ans quand son père s’est suicidé, au début de la Révolution culturelle. Il a donc été élevé par sa mère et sa sœur aînée. Et comme il était le seul fils survivant de la famille, sa mère pris un soin particulier à l’élever dans les meilleures conditions, lui inculquant l’obéissance, le goût du travail et de hautes normes éthiques qu’il a toujours conservées.

 

Il a d’abord fait des études artistiques et révélé des dons pour le dessin, mais sans même songer à faire des études de cinéma. En 1978, cependant, au moment où les examens pour le département de mise en scène de l’Institut du cinéma étaient en cours, un vieux professeur du département de cinématographie se rendit à Xi’an pour louer une copie de film pour l’épreuve d’analyse.

 

Sur les murs de la Société de distribution cinématographique de Xi’an, il vit des esquisses et des peintures à la gouache qu’il trouva pleines de vie. Quand il demanda qui les avait réalisées, l’une des techniciennes lui répondit que c’était son fils. C’est ainsi que Hou Yong fut inscrit in extremis aux épreuves de l’examen d’entrée [2]. De l’avis des réalisateurs avec lesquels il a travaillé, il a gardé derrière la caméra le goût du détail visuel qu’il avait en tant que peintre.

 

I. Directeur de la photo

 

Débuts avec Tian Zhuangzhuang

 

Hou Yong sur le tournage de The Yard, en 1981
(à g. derrière la caméra, coiffé du chapeau blanc,

avec Lü Yue et Zhang Yimou)

 

Il a fait ses premières armes dès sa dernière année d’études à l’Institut du cinéma, avec Tian Zhuangzhuang (田壮壮) qui était l’un des étudiants les plus doués de la classe de mise en scène. Au printemps 1981, en effet, Hou Yong fait partie de l’équipe qui filme le second court métrage en noir et blanc réalisé par Tian Zhuangzhuang : « The Yard » (《我们的小院》ou我们的角落), adapté de l’une des premières nouvelles de Wang Anyi (王安忆), « Notre petite cour » (《我们的小院》) [3].

 

« The Yard » était sa première véritable expérience. Le film a été tourné, à la manière de

Tian Zhuangzhuang, dans une véritable cour d’un hutong du quartier de Houhai (后海). C’était une toute petite pièce, et la lumière était beaucoup trop vive pour un espace aussi étroit. Alors Hou Yong a eu une idée du genre de celles bricolées par le grand maître de la lumière, Mark Lee Ping-bin : il a pris un sac en plastique transparent pour voiler la lumière en le plaçant devant la caméra…  

 

C’est la même équipe – Zhang Yimou, Lü Yue et Hou Yong pour la photo - que Tian Zhuangzhuang emmène ensuite au Yunnan filmer « L’éléphant rouge » (红象), pour le Studio des enfants dirigé par sa mère. Tournage en pleine forêt tropicale, à la fin de l’automne.

 

Tout naturellement, c’est Hou Yong, avec Lü Yue, que Tian Zhuangzhuang choisit ensuite pour filmer « On the Hunting Ground » (《猎场扎撒》), en 1985. Le film est sélectionné par le festival Cinéma du Réel, comme film d’ouverture, en 1986, avant de partir en compétition au festival de Locarno. C’est alors que le réalisateur Joris Ivens le voit, et, enthousiasmé

   

Hou Yong (au milieu) sur le tournage

de L’éléphant rouge, avec

 l’acteur Zhang Jianya à g. et l’assistant-réalisateur Feng Xiaoning à dr.

par la photo, tente de débaucher Hou Yong et Lü Yue pour son film alors en projet, et qu’il pressentait

 

Le voleur de chevaux

 

être le dernier : « Une histoire de vent ». Mais Tian Zhuangzhuang préparait le tournage du « Voleur de chevaux » (《盗马贼》), il refusa de se séparer de Hou Yong ; finalement seul Lü Yue alla travailler avec Joris Ivens. Hou Yong a rendu de façon magistrale, et inédite dans le cinéma chinois de l’époque, la beauté des paysages sauvages de Mongolie intérieure.

 

En 1987 et 1988, Hou Yong signe ensuite la photo du « Sun Yatsen » (《孙中山》) de Ding Yinnan (丁蔭楠), et de « Evening Bell » (《晚钟》) de Wu Ziniu (吴子牛), un film de guerre produit par le studio du 1er août assez caractéristique du réalisateur, membre atypiquede la 5ème génération. C’est encore Hou Yong qui est son chef opérateur pour « Don’t Cry Nanking » (《南京1937》) en 1995.

 

Le cerf-volant bleu

 

 

Hou Yong retrouve Tian Zhuangzhuang en 1992 pour le tournage du « Cerf-volant bleu » (《蓝风筝》), autre chef-d’œuvre qui doit aussi beaucoup à la photo, présenté au festival de Cannes en 1993.

 

Intermède

 

Hou Yong travaille ensuite avec Xie Jin (谢晋), pour lequel il filme « The Opium War » (鸦片战争), sorti en 1997.

 

Chef opérateur de Zhang Yimou

 

The Road Home

 

L’année suivante, Hou Yong commence à travailler avec Zhang Yimou,. Il filme successivement les deux films sortis en 1999, « Not one less » (一个都不能少) et « The road home » (我的父亲母亲), puis « Happy times » (幸福时光) sorti l’année suivante. Il continue avec « Hero » (英雄), mais là avec Christopher Doyle.

 

Entre temps, en 1991, comme son ami Lü Yue, Hou Yong est passé à la réalisation.

 

II. Réalisateur

 

1. C’est entre les tournages de « Evening Bell » et du « Cerf-volant bleu » qu’il a réalisé son premier film, « The Sky is Bleeding » (天出血), un peu dans la thématique et le style du « Vieux puits » (《老井》) de Wu Tianming (吴天明).

 

L’histoire se passe dans la région semi-désertique du nord-ouest de la Chine. Un jeune garçon tombe amoureux d’une jeune fille d’un village voisin, Xiuxiu (秀秀) ; mais elle a déjà été promise à un autre. Après avoir tenté de s’enfuir avec elle pour éviter ce mariage, il finit par tuer le mari. A sa sortie de prison, il revient au village chercher Xiuxiu, mais apprend alors que le village est menacé par le sable du désert alentour…

 
 

Jasmine Women

 

 

2. Il n’a réalisé son deuxième film qu’après avoir terminé le tournage de « Hero » : c’est « Jasmine Women » (《茉莉花开》), adapté d’une nouvelle de Su Tong (苏童), dont le producteur exécutif n’est autre que … Tian Zhuangzhuang.

 


The Sky is Bleeding

 

The one man Olympics

 

 

3. Après un feuilleton télévisé, diffusée en 2007, Hou Yong a ensuite réalisé un troisième film au moment des Jeux olympiques de Pékin : « The one man Olympics » (一个人的奥林匹克) ; sorti en mai 2008, le film raconte l’histoire du premier athlète chinois à avoir participé aux Jeux Olympiques, ceux de Los Angeles, en 1932, pendant l’occupation japonaise…

 

Depuis lors, il n’a plus réalisé que des feuilletons télévisés.


 


[1] Ni Zhen, Memoirs from the Beijing Film Academy, tr. Chris Berry, Duke University Press 1995, p. 131.

[2] Ni Zhen, id. p. 41-42.

 

 

 

 

 

 

 
     
     
     
     
     
     
     
     

 

   

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 



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