par Brigitte
Duzan, 10 décembre 2013,
actualisé 12 janvier 2026
Chen Kaige à Cannes en
2012
« La
terre jaune » (《黄土地》)
a fait de Chen Kaige, associé à
Zhang Yimou
qui en était le
chef opérateur, l’emblème du renouveau du cinéma chinois au
début des années 1980 et l’un des plus brillants chefs de
file de ce qu’on a appelé la cinquième génération. Après une
dizaine d’années difficiles, il semble avoir renoué avec une
certaine exigence esthétique.
1952-1978 : Enfance dorée et jeune instruit au Yunnan
Enfance dorée
Chen
Kaige (陈凯歌)est né à Pékin, en
août 1952, dans une famille de cinéastes réputés. Son père
était le célèbre réalisateur Chen
Huai’ai (陈怀皑)
et sa mère était scénariste ; tous deux avaient fait leurs
études à l’Institut national d’art dramatique de Nankin où
son père avait aussi enseigné.
Ses
parents lui avaient donné le nom personnel de Aige (皑鸽),
blanche/pure colombe, qui reprenait l’un des caractères du
nom de son père. En 1965, à l’âge de treize ans, gêné par ce
prénom encombrant au moment de s’inscrire à l’Ecole
secondaire n°4, il opta pour celui, plus viril et conforme à
l’air du temps, de Kaige
(凯歌) :
chant de triomphe !
Son
père, cependant, était toujours en tournage, de ci de là, il
le voyait rarement ; c’est sa mère dont il fut le plus
proche et qui commença à lui inculquer l’amour de la poésie
et des lettres ; sa nourrice, qui était d’origine mandchoue,
lui racontait les histoires du vieux Pékin. Littérature
classique d’un côté, tradition orale de l’autre…
Dans la
cour carrée de leur vieille demeure, cependant, parvenaient
les échos des événements extérieurs : en 1965, les foires
furent interdites, puis les cérémonies traditionnelles de
funérailles et de mariage, et le marché culturel de
Liulichang (琉璃厂)
fut fermé. Bientôt la muraille de Pékin fut démolie. La
Révolution culturelle s’annonçait.
"Handicap familial"
Déjà
sous surveillance, son père avait passé un an à la campagne
dans le cadre du mouvement d’éducation socialiste dit « des
quatre purifications » (四清运动),
lancé en 1963, puis il
avait été envoyé étudier à l’Institut du socialisme. Au
printemps 1966, le jeune Chen Kaige y fut convoqué pour
aller le voir. Sa mère lui expliqua à son retour que son
père avait adhéré au parti nationaliste en 1939, à l’âge de
19 ans, par pur patriotisme, alors que le pays était en
guerre ; c’était le seul parti qu’il connaissait. En 1966,
cependant, le Guomigdang était démonisé, il était la source
de tous les maux du pays.
Chen
Kaige participa, dans son école, aux attaques contre les
professeurs, et en particulier leur professeur principal,
qui avait toujours fait preuve de la plus grande gentillesse
envers ses élèves. Et quand on amena son père dans leur cour
pour une « assemblée d’accusation », il était parmi la foule
massée là, et cria avec les autres le slogan repris en chœur
« A bas »… Il avait quatorze ans. Il ne reverrait son père
que plusieurs années plus tard, émacié et édenté, dans une
Ecole du 7 mai…
Il ne
réussirait à surmonter le traumatisme qu’en écrivant son
autobiographie, en 1989, comme une sorte d’expiation : « Le
jeune Kaige » (《少年凯歌》)
[1].
Son autobiographie
(édition 1991)
Jeune instruit au Yunnan
Le
reste suit la logique du temps. De 1966 à 1968, il vit au
jour le jour les arrestations autour de lui, les
interrogatoires, les suicides et les luttes entre factions.
Au printemps de 1969, il quitte Pékin avec dix grands tubes
de dentifrice et une caisse de livres, accompagné à la gare
par son père qui avait obtenu pour cela une autorisation
spéciale. Il se retrouve dans la région autonome dai
du Xishuangbanna, au Yunnan, dans une plantation de
caoutchouc. Presque le calme après la tempête. Il y restera
sept ans, avec deux permissions pour rentrer chez lui.
Pourquoi le Yunnan ? Parce que le climat y était meilleur
que dans le Nord de la Chine, parce qu’il allait dans une
ferme d’Etat, qu’il recevrait un salaire et aurait du riz à
manger. C’était au moment où le conflit frontalier
sino-soviétique avait conduit le gouvernement chinois à
accélérer les plantations d’hévéas, matière stratégique. Le
programme commença par un plan de déforestation, et la forêt
tropicale disparut, les arbres abattus puis brûlés dans une
sorte de folie collective. Les pages dans lesquelles Chen
Kaige décrit la forêt en flammes, puis la montagne dénudée,
noire et irréelle comme un décor de théâtre, sont parmi les
plus poétiques de son autobiographie.
En
1971, on vint le recruter pour entrer dans l’armée parce
qu’il était un bon joueur de basket. Il quitta donc la
plantation, mais resta dans le Yunnan.
Plus
tard, à l’automne 1986, il reviendra sur les lieux pour
préparer le tournage de son film
« Le
Roi des enfants » (《孩子王》) et
il aura l’impression de ne jamais en être parti. Après ce
film, au moment de partir aux Etats-Unis, en rangeant ses
affaires, il retrouva le cahier qui avait été son journal de
bord, pendant qu’il était là-bas. Il y avait épinglé des
papillons chassés pendant ses jours de congé. Le cahier
était sali, les ailes des papillons abîmées : il pensa
qu’elles ressemblaient à sa vie, ces années-là….
En
1975, cependant, Chen Kaige peut revenir à Pékin, pour
travailler dans le Laboratoire de traitement de films et
vidéos (电影洗印厂).
En 1978, à la réouverture des universités, il est admis à
l’Institut du cinéma de Pékin, dans le département de mise
en scène. Commence alors pour lui une période intensément
créative.
1982-1992 : la décennie merveilleuse
Il
participe en 1980 au tournage d’un premier film, pour la
télévision du Fujian, comme assistant de
Huang Jianzhong (黄健中).
En juin 1982, à la fin de ses études à l’Institut
du cinéma, il est affecté au Studio des enfants, à Pékin (北京儿童电影制片厂).
Au printemps, il avait déjà travaillé dans ce studio avec
Wang Junzheng (王君正)
sur le tournage du film « My Brother the Echo » (《应声阿哥》),
ce qui fut considéré comme son travail de fin d’études.
My Brother the Echo
1.
C’est alors qu’il rejoint le Studio du Guangxi (广西电影制片厂)
et, avec Zhang Yimou comme chef opérateur, tourne le film
qui amorce une nouvelle ère dans l’histoire du cinéma
chinois :
« La
Terre jaune » (《黄土地》).
Sorti en première internationale au festival de Hong Kong en
1985, le film suscita la stupeur, tant par la nouveauté du
style, que par la hardiesse du propos : par le biais du sort
réservé à la jeune Cui Qiao (翠巧),
il laissait entendre
que les paysans ne pouvaient rien attendre du Parti…
La Terre jaune
2. Chen
Kaige enchaîne avec « La
grande parade » (《大阅兵》), témoignage sur la préparation du 35ème anniversaire de la
fondation de la République populaire. Toujours avec Zhang
Yimou derrière la caméra, le film est moins novateur
stylistiquement que
« La Terre jaune »,
mais explore un thème nouveau, les relations entre le
collectif et l’individu.
Chen Kaige en 1985, au
moment
du tournage de La Grande Parade
La
grande parade
Chen
Kaige est ensuite appelé par Wu
Tianming (吴天明)
au studio de Xi’an pour adapter la nouvelle d’A Cheng (阿城)
« Le Roi des enfants » (《孩子王》).
Le film reprend la critique du système éducatif développée
par A Cheng dans sa nouvelle, mais y ajoutant une vision
élargie du thème de la libre initiative et de la liberté
individuelle. Cette fois, le chef opérateur n’est plus
Zhang
Yimou mais
Gu Changwei (顾长卫)
; le film est une splendeur visuelle : c’est l’image qui
porte le sens, bien plus que les dialogues.
Cependant, présenté à
Cannes en 1988, le film n’a aucun succès ; les critiques le
trouvent même ennuyeux. C’est pourtant certainement l’un des
plus beaux films de Chen Kaige, sinon le plus beau. C’est
celui qui lui est le plus personnel, fondé sur son
expérience propre, et celui qu’il dit préférer de tous les
films qu’il a réalisés.
4.
Entre-temps, il a obtenu une bourse du Conseil culturel
asiatique qui lui permet de partir étudier trois ans aux
Etats-Unis, à l’Ecole de cinéma l’Université de New York.
Au début
de 1989, il tourne une vidéo musicale pour le single « Do
You Believe in Shame » du groupe Duran Duran. Chacun des
membres du groupe y est représenté dans une histoire
différente, avec, à la fin, une série de dominos tombant les
uns sur les autres, pour finalement former un point
d’interrogation, comme la pochette du disque.
Duran Duran - "Do You Believe
In Shame"
A son retour en Chine, il tourne
«
La vie sur un fil » (《边走边唱》), d’après une
nouvelle de Shi Tiesheng (史铁生) : à travers le douloureux
parcours de deux musiciens aveugles, il adapte ce qui était
une méditation sur le sens de la vie, au-delà de la
poursuite de rêves illusoires, en une fresque allégorique,
visuelle et musicale.
Life on a String, le
musicien aveugle
5. Le
succès vient en 1993 avec
« Adieu
ma Concubine » (《霸王别姬》),
qui obtient
la Palme d’or au festival de Cannes (ex-aequo avec
« La leçon de piano » de Jane Campion). Le film
marque un tournant dans la carrière et l’œuvre de
Chen Kaige : il s’oriente désormais vers optique
beaucoup plus commerciale, en concurrence directe
avec son alter ego Zhang Yimou. Mais cette
orientation ne donne pas de résultats probants.
Adieu ma Concubine
Chen Kaige (à g.) avec
son père (au centre)
et le critique Chen
Shanguo en août 1993
1993-2012 : la décennie décevante
En 1996,
avec « Temptress Moon » (《风月》),
Chen Kaige tente de capitaliser sur le succès de « Adieu ma
Concubine » en reprenant deux des trois acteurs, les deux
plus « glamour », Gong Li (巩俐)
et Leslie Cheung. Cela ne suffit pas : les critiques sont
réservées et le public boude le film.
Trois
ans plus tard, produit par China Film et Han Sanping, « L’Empereur
et l’assassin » (《荆柯刺秦王》)
est une fable « en costumes » qui glose sur la nécessité
d’un Empire unifié fort, avec à la fois Gong Li et Zhou Xun
(周迅),
et, dans le rôle principal, Zhang Fengyi (张丰毅)
qui jouait déjà dans «Adieu ma Concubine ». Le film obtient
le Grand prix technique au festival de Cannes. Il est
lourdement didactique.
L’Empereur et
l’assassin
Les
films suivants sont sans intérêt : « L’enfant au violon » (《和你在一起》)
est un mélo larmoyant, « Wu Ji » (《无极》)
un pseudo film de wuxia qui, tentant de surfer sur la vogue
des films de ce genre déclenchée par « Tigre et Dragon »,
accumule les clichés et arrive de toute façon après la
bataille ; « Mei Lanfang »(《梅兰芳》)
est une romance sans profondeur qui ne réussit pas à capter
l’âme de cet immense artiste, un film inutile qui n’ajoute
rien au personnage, mais le dépeint au contraire sous un
jour banal….
2012 et après…
Chen Kaige
semble avoir tourné une nouvelle page en 2012 avec
un film inattendu, adapté d’une nouvelle publiée sur
internet et reflétant un fait de société
inquiétant :
« Caught in the Web » (《搜索》).
Il a
maintenant deux projets en préparation qui semblent se
présenter comme deux volets d’un diptyque. En juillet
2013, il
était dans le Hubei
avec son épouse Chen Hong (陈红)
pour superviser les repérages pour son prochain film, une
adaptation d’une série populaire de l’auteur japonais de
science fiction, de récits d’aventures et d’arts martiaux
Yumemakura Baku : « Le
moine Kūkai » (《沙门空海》).
Le Moine Kukai
Chen
Kaige a ensuite annoncé avoir obtenu le visa de censure pour
le scénario d’un nouveau film adapté d’un récit du maître de
la littérature de wuxia contemporaine en Chine,
Xu Haofeng (徐浩峰)[2].
2.
L’histoire du moine Kukai est sortie en Chine en décembre
2017, sous le titre « Legend of
the Demond Cat » (Yāo
Māo Zhuàn《妖猫传》).
Il s’agit d’une coproduction sino-japonaise ; la moitié
des acteurs sont japonais. Mais l’histoire est typiquement
chinoise et se passe sous la dynastie des Tang, dans la
capitale d’alors, Chang’an.
Legend of the Demon
Cat
Le poète
Bai Letian (白乐天)
et le moine Kukai (僧人空海)
conjuguent leurs forces pour traquer un mystérieux chat qui
serait le véritable responsable de la mort de la concubine
Yang Guifei. Le démon de chat a réussi à posséder la femme
d’un général et sème le chaos dans la capitale… Le film est
plutôt du genre fantastique que du véritable wuxia.
Mais il est en fait inspiré du poème de Bai Juyi (白居易)
« Le chant des regrets éternels » (《长恨歌》).
Ce qui mériterait une analyse de ce point de vue… et du
point de vue du chat…
Legend of the
Demon Cat, bande annonce
Années
2020 : trilogie sur la guerre de Corée
Chen
Kaige se tourne ensuite vers les superproductions, et en
l’occurrence le film de guerre. À partir de 2021, il sort
successivement plusieurs films pour l’anniversaire de la
guerre de Corée.
Le
premier est sorti en Chine fin septembre 2021, c’est « The
Battle of Lake Changin » (《长津湖》),
coréalisé et coproduit par Chen Kaige,
Tsui Hark et
Dante Lam, sur un scénario coécrit par
Huang
Jianxin (黄建新)
et Lan Xiaolong (兰晓龙).
C’est le film le plus cher jamais produit en Chine. Il
raconte comment, en novembre 1950, l’Armée des volontaires
du peuple chinois alliée à la Corée du nord a réussi à
déloger les forces américaines du réservoir de Chosin, en
dix-sept jours de bataille acharnée par des températures
glaciales. En fait, le 10e corps américain a été
évacué. Le film est très controversé, mais le thème
principal est la vertu du sacrifice.
The Battle of Lake Changin
C’est
une vaste opération de propagande autour de la guerre de
Corée.
Une séquelle, « The
Battle of Lake ChanginII» (《长津湖之水门桥》)
est sortie le 1er février 2022, pour la fête du
Nouvel An chinois. C’est
à nouveau une production du Studio du 1er août,
des groupes China Film et Shanghai Film, plus Bona et
Alibaba, et quelques autres. Le tournage a été encore plus
difficile que le précédent. Certaines scènes ont dû être
tournées de nouveau aux studios Hengdian (横店影视城).
Ces
deux films ont été suivis de trois autres qui forment la
« trilogie des Volontaires » et sont sortis à un an
d’intervalle, officiellement pour commémorer le « 70e
anniversaire de la Guerre de résistance à l’agression
américaine et d’aide à la Corée » (“抗美援朝70周年”).
Mais cette fois-ci Chen Kaige est seul réalisateur.
-
Sorti fin septembre 2023, « The
Volunteers : To the War » (《志愿军:雄兵出击》)
est adapté du roman de Lan Xiaolong (兰晓龙)
« War and Sacrifice » (《战与祀》).
Le film explique le début de l’engagement chinois en Corée,
en octobre 1950, et les sacrifices héroïques des volontaires
chinois sur le terrain, à un moment où la Chine nouvelle
apparaissait pour la première fois aux Nations Unies.
L’acteur Wang Yanhui (王砚辉)
interprète un Peng Dehuai (彭德怀)
humain et sympathique tandis que Tang Guoqiang (唐国强)
reprend son rôle classique de Mao Zedong qu’il a repris de
nombreuses fois à partir de « La longue Marche » (《长征》)
en 1996. On a l’impression de revoir les vieux films de
guerre du studio du 1er août boostés par une
foule d’effets spéciaux.
The Volunteers : To the War, le film sous-titré en anglais
(2h20)
- En 2024 : « The Volunteers : The Battle of Life and
Death » (《志愿军:存亡之战》)
dépeint la “5e campagne”, offensive de printemps pour tenter
de déloger les forces “des Nations Unies”, mais
essentiellement américaines, de la péninsule coréenne. Cela
se termine par des négociations d’armistice à partir de
l’été qui vont traîner pendant deux ans tandis que les deux
camps se retranchent autour du 38e parallèle.
Chen Kaige réussit à sortir du film de guerre usuel en
centrant son histoire autour d’une famille dont la guerre
réunit les trois membres, qui figuraient déjà dans le film
précédent : le père Li Moyin (李默尹),
un officier, son fils Li Xiang (李想),
un instructeur politique de l’armée chinoise, et sa fille Li
Xiao (李晓),
interprète. Mais ils sont trop peu ensemble pour pouvoir
générer beaucoup d’émotion.
The Volunteers : The Battle of Life and Death, le film
sous-titré anglais (2h23)
- Fin septembre
2025 est sorti le troisième volet de la trilogie :
« The Volunteers : Peace at Last »(《志愿军:浴血和平》),
enfin, effectivement. C’est de loin le volet le
plus faible, qui parachève l’idée globale : on a gagné !
Idée seconde : que de héros le maoïsme aura suscités ! Et
ici, même des femmes ! Le tout traité sur le plan individuel
et familial, en une série de vignettes. Mais il ne faut pas
trop s’attacher aux détails des combats ou des négociations,
ni aux dialogues, représentatifs du film, tel celui-ci :
« La paix est comme un enfant, inévitable. » (“和平就像一个孩子,他总会来的”
) Dans le climat actuel, ce serait presque ironique. Mais on
peut regarder le film pour voir la fin de la saga familiale.
Entre-temps,
Chen Kaige a réalisé un film de fiction qui était annoncé
pour 2023 mais dont la sortie a été repoussée :
« Flowers From the
Ashes»
(initialement《尘埃里开花》devenu
《少年时代》).
Ce
serait l’histoire de quelques jeunes entre 1960 et 1980,
c’est-à-dire pendant la jeunesse du réalisateur, d’où un
léger soupçon d’autobiographie. Et ce d’autant plus que, si
l’un des deux personnages principaux est interprété par
l’acteur en pointe en ce moment - Liu Haoran (刘昊然),
qui jouait dans « The Legend of the Demon Cat », le deuxième
est interprété par Chen Feiyu (陈飞宇),
qui est le fils de Chen Kaige… et qui joue dans « The
Volunteers : The Battle of Life and Death ». Comme si Chen
Kaige préparait le passage de relais. Autre saga familiale.
On a
pour l’instant une affiche et une bande annonce.